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"La facilité serait de verdir nos bilans mais pas l'économie", estime Philippe Brassac, directeur général du Crédit Agricole

Le directeur général du Crédit Agricole, relativise le financement des énergies fossiles. Elles ne représentent quasiment rien dans les bénéfices du groupe alors qu'il multiplie au contraire les investissements dans les énergies renouvelables.

Article rédigé par franceinfo, Isabelle Raymond
Radio France
Publié
Temps de lecture : 7 min
Philippe Brassac, directeur général du Crédit Agricole, le 27 octobre 2022. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

Les banques, à commencer par BNP Paribas, sont montrées du doigt par des organisations non gouvernementales car elles financent les entreprises qui exploitent des énergies fossiles. "Il faut lever une confusion qui s'est installée sur les enjeux : le Crédit Agricole -première banque de financement de l'économie française- n'est pas dépendant financièrement du financement des énergies fossiles, souligne Philippe Brassac, directeur général du Crédit Agricole, invité éco de franceinfo jeudi 27 octobre. 

"Les énergies fossiles représentent à peine un pourcent de nos revenus."

Philippe Brassac, directeur général du Crédit Agricole

à franceinfo

Selon Philippe Brassac, le Crédit Agriole peut "à tout instant décider d'arrêter le financement des énergies fossiles du jour au lendemain." Le problème estime le dirigeant est qu'il manque aujourd'hui d'investissements verts. "Hélas, il manque des projets verts à financer," déplore-t-il.  

Ne pas "se tirer une balle dans les deux pieds"

Le Crédit Agricole a participé à un prêt de huit milliards de dollars à Total au printemps 2022. Prêt que Philippe Brassac justifie : " Total est une très grande entreprise française qui se bat contre des 'majors' internationaux, qui emploie beaucoup de salariés en France et qui est très utile au quotidien des Français. Total, Engie et EDF sont déjà des acteurs majeurs dans les énergies renouvelables. Boycotter ces entreprises est se tirer une balle dans les deux pieds de la transition énergétique," insiste Philippe Brassac. 

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Alors quelle solution ? La facilité selon Philippe Brassac serait de verdir les bilans financiers des banques mais pas l'économie. "Le risque est de laisser le financement fossile aux autres, et on dira, regardez-moi je suis complètement vert," craint le directeur général du Crédit Agricole.

Retrouvez l'intégralité de l'interview : 

 

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