"L’inflation va rester très forte jusqu’en mars 2023", selon Pascale Hébel, de la société de conseil C-Ways

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Pascale Hébel, directrice associée de C-Ways, société de conseil et d’étude des données, était l’invitée éco de franceinfo lundi 2 janvier 2023. 

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Pascale Hébel, directrice associée de C-Ways, société conseil et d’étude des données, était l’invitée éco de franceinfo lundi 2 janvier 2023.  (CAPTURE D'ECRAN FRANCEINFO RADIO FRANCE)

Une question se pose, à l'aube de 2023 : l’ inflation est-elle partie pour durer ? Quels impacts précis aura-t-elle sur les attitudes de consommation des Françaises et des Français ? Éléments de réponse avec Pascale Hébel, directrice associée de C-Ways, société de conseil et d’étude des données. 

franceinfo : 2023 sera-t-elle en profonde rupture avec les années précédentes ?

Pascale Hébel. On n’est pas en rupture complètement totale puisque l’année de rupture a été 2020 en termes économiques, de consommation et de choix. Mais c’est vrai qu’on entame un XXIe siècle qui n’est pas du tout le même que le XXe. Notamment avec le choix des consommateurs très différents parce qu’il y a un prise de conscience vraiment généralisée des enjeux écologiques, ce qui n’était pas le cas avant 2020. 

L’inflation est-elle partie pour durer ?

Nous pensons que l’inflation va continuer d’être très forte jusqu’en mars 2023 et puis va un petit peu diminuer. Mais l’inflation restera autour de 4%, ce qui est beaucoup plus que ce que l’on observait ces 20 dernières années. 

Quels sont les facteurs et outils prédictifs sur lesquels votre cabinet se base ?

On a des outils digitaux. On peut suivre, par exemple, les transactions bancaires au jour le jour. Donc on anticipe finalement quels sont les secteurs sur lesquels ça va tout d’un coup déraper. On peut regarder précisément les déplacements et on sait par exemple qu’on est à moins 10% de déplacements depuis le Covid-19 et le télétravail. 

On entend tout et son contraire sur d’éventuels mouvements sociaux à venir face au mécontentement général. Allons-nous assister à un vrai soulèvement ?

Je crois qu’il y a vraiment une fragmentation et une polarisation fortes dans la société, que l’on avait vue en 2018 et qui revient parce qu’il y a des inégalités de plus en plus fortes. Entre ceux qui ont des factures énergétiques énormes parce qu’ils vivent à la campagne, et ceux qui, au contraire, ne subissent pas les mêmes hausses. Il y a presque deux points d’écart sur l’inflation réelle. Il y a un vrai risque car ceux qui sentent qu’il y a des inégalités sont furieux. Ce sont ces inégalités qui vont déclencher des prises de position.

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