Georges Ugeux, ancien vice-président de la bourse de New York : "On a dépossédé les épargnants"

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Le spécialiste de la finance publie "Wall Street à l’assaut de la démocratie" aux éditions Odile Jacob.

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Georges Ugeux, ancien vice-président de la bourse de New York (6 octobre 2021). (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Pendant sept ans, Georges Ugeux a été vice-président du New York Stock Echange. Il publie Wall Street à l’assaut de la démocratie aux éditions Odile Jacob. Invité éco de franceinfo mercredi 6 octobre, il s’élève contre les énormes rachats d’actifs opérés par les banques centrales ces dernières années, pour soutenir les économies : "On a dépossédé les épargnants pour permettre aux emprunteurs d’emprunter moins cher… " 

"Rien que sur les dix-huit derniers mois", poursuit-il, "les banques centrales ont mis 9 000 milliards sur les marchés. C’est beaucoup trop et beaucoup trop vite." Le problème, selon lui, est que  "la moitié de cet argent n’a pas pu être utilisé dans l’économie" : "Les gens qui ont beaucoup d’argent voient les taux d’intérêt arriver à zéro, ou même en dessous de zéro en Europe, donc ils ne vont pas acheter des emprunts d’État, dans lesquels ils paient pour déposer leur argent."  

Les marchés financiers dopés par les banques centrales  

"Il y a un seul marché sur lequel on continue à avoir un rendement, c’est les dividendes des actions (…) donc c’est vers la bourse que se sont orientés les capitaux. Et c’est pour ça qu’en dix-huit mois la bourse a monté de 150% après avoir baissé de 30% !", constate Georges Ugeux.  

Pour l’ancien vice-président de Wall Street, une remontée des taux n’aurait rien de dramatique : "Comment l’économie pourrait-elle s’effondrer si on passe de 0% à 0,50% ?". Il conclut : "Si le marché réagit et qu’il perd 20%, comme il en a pris 400%, je ne vois pas où est le drame… "

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