Environnement : les entreprises françaises n'en font pas assez, pour Alan Fustec (Agence Lucie)

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Pour Alan Fustec, ingénieur agronome et président de l’Agence Lucie, les entreprises qui se sont engagées dans la RSE (Responsabilité Sociale et Environnementale) n'en font pas suffisamment.

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Alan Fustec, président de l'agence Lucie, invité de franceinfo le 1er novembre 2022 (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

franceinfo : Les entreprises françaises sont-elles au rendez-vous de la RSE autant qu’elles le disent ?

Alan Fustec : Je n’ai pas de doutes sur la sincérité. Toutes les entreprises que je connais sont sincères dans leur engagement RSE. Est-ce qu’elles en font suffisamment pour sauver la planète ? La réponse est non. Si je regarde les entreprises qui ont un engament réel et sérieux, on arrive à peu près un 1% des entreprises françaises qui sont engagées en RSE et c’est donc très très insuffisant.

Vous estimez que la RSE n’est pas l’alpha et l’omega de la transition écologique. Pourquoi ?

Je persiste et signe : la RSE est nécessaire mais pas suffisante. Aujourd’hui, il faut rentrer dans les limites planétaires. Les entreprises qui font de la RSE aujourd’hui ne rentrent pas dans les limites planétaires. Les limites planétaires ont été publiées en 2009 par des chercheurs suédois qui ont décidé tout une série de quotas à ne pas dépasser pour éviter les catastrophes écologique. Là-dedans vous avez bien sûr le CO2, l’eau, le respect de la biodiversité et l’artificialisation des sols. (…) Je vais prendre un autre indicateur que les limites planétaires : l’empreinte écologique.

"Pour faire simple, si toutes les entreprises fonctionnaient comme les entreprises françaises, il faudrait trois planètes."

Alan Fustec

à franceinfo

Et si toutes les entreprises étaient engagées en RSE de façon réelle et sérieuse, il faudrait toujours une planète et demi ou deux planètes. D’où l’importance d’accélérer le rythme et modifier ou inventer d’autres outils.

Vous avez créé le label Lucie Positive. De quoi s’agit-il ?

Nous avons créé le label Lucie Positive pour les entreprises qui s’engagent à rentrer dans les limites planétaires, ce qui est un projet à dix ans. Nous mettons en place une autre comptabilité. Une triple comptabilité à la fois économique, sociale et environnementale. Nous savons par exemple calculer la dette environnementale d’une entreprise en euros. Et je peux vous dire qu’à partir du moment où on a fait ce calcul, il n’y a plus beaucoup d’entreprises qui sont rentables aujourd’hui. Nous recommandons ensuite un changement du modèle économique. Le troisième point est de pousser les entreprises à mettre en place des démarches d’innovations frugales, on appelle cela les low techs, l’antithèse de la high tech ».

Êtes-vous partisans de la décroissance ?

La décroissance du PIB, à terme, certainement. On ne pourra pas le faire croître de façon illimitée, c’est une aberration. Je ne crois pas à ce que l’on appelle la croissance verte. Quand vous changez la comptabilité, vous pouvez envisager une autre croissance. Donc on va faire croître autre chose que le PIB.

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