Cet article date de plus de trois ans.

Yves Jégo : "Il faut déployer l'armée à Mayotte"

écouter (9min)

Yves Jégo, député UDI de Seine-et-Marne et ancien secrétaire d'État en charge des Outre-mer, était l'invité de "L'Interview J-1", lundi 12 mars, pour parler de la situation à Mayotte, après trois semaines de blocage de l'île. 

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Le député UDI, Yves Jégo, invité de "L'Interview J-1". (FRANCEINFO)

L'ancien secrétaire d'État en charge des Outre-mer, Yves Jégo, était l'invité de "L'Interview J-1",  lundi 12 mars, alors que le 101e département français, Mayotte, est paralysé par les blocages depuis trois semaines. La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, a annoncé des mesures pour renforcer la sécurité et lutter contre l'immigration illégale.

franceinfo : Après trois semaines de blocages pour protester contre une insécurité galopante, est-ce que le gouvernement a bien pris la mesure de ce qui se joue à Mayotte ? 

Yves Jégo : C'est compliqué pour la ministre, Annick Girardin, parce que l'île est en ébullition. J'espère que, par le dialogue, on trouvera une solution. Mayotte est un problème pour la République car nous n'avons pas pris la mesure de ses difficultés, on n'a pas mobilisé les moyens économiques nécessaires. Et on arrive à une situation prévisible. Mayotte est une des quatre îles des Comores. C'est la seule qui a décidé de devenir française. Et il y a une pression très forte des trois autres îles parce que Mayotte est une île qui se développe. Il y a donc un problème, qui ne fait que monter en puissance, et on l'a tous sous-estimé, il faut bien le reconnaître.     

Annick Girardin est allée discuter avec les manifestants. Elle a annoncé une hausse de 50% des effectifs de la réserve territoriale de la gendarmerie. Est-elle à la hauteur de la situation ?  

On verra. Je pense qu'il faut prendre les choses à bras-le-corps. D'abord sur la sécurité. Il faut envoyer des forces militaires. Il y en a déjà un peu, mais il faut en envoyer plus. Il faut déployer l'armée à Mayotte pour montrer aux Mahorais que la République française est présente. Et on a les moyens de déployer 1 500 ou 2 000 hommes supplémentaires sur l'île. 

Le gouvernement réfléchit à la création d’un statut d’extra-territorialité pour la maternité de Mayotte, ce qui mettrait fin à l’obtention automatique de la nationalité française à la naissance. Est-ce que c’est une démarche que vous soutenez ?

J'attire l'attention du gouvernement sur le danger qu'il y aurait de voir des femmes accoucher autour de la maternité, chez des particuliers, chez des passeurs, dans l'espoir que leur enfant ait la nationalité française. Ce n'est pas la bonne solution à la pression migratoire à Mayotte. Il faut plutôt mettre en place un accord de haut niveau entre la République des Comores et la France. Le ministre des Affaires étrangères doit s'impliquer dans cet accord global, qui régenterait aussi la circulation des hommes.   

Sur un tout autre sujet, le bureau politique des Républicains se réunit mardi 13 mars. Il sera forcément question de la main tendue de Marine Le Pen à travers son Rassemblement national. Votre ancien collègue député et ex-ministre de Nicolas Sarkozy, Thierry Mariani, se dit prêt à des accords électoraux avec le FN. Il a été recadré par la direction des LR, mais pas sanctionné. Cela vous a surpris ?

Je me demande combien de temps cela prendra à Laurent Wauquiez pour démentir les propos de Thierry Mariani, qui est toujours membre des Républicains. Je crois qu'il y a un vrai risque de porosité. Deux stratégies s'affrontent. Celle de Laurent Wauquiez qui veut essayer de siphonner le FN. Et il y a celle de Marine Le Pen qui veut essayer de nouer des accords pour ne pas être siphonnée. Cela me fait dire que le jeu politique, à l'avenir, ne peut pas se jouer de ce côté de l'échiquier mais peut se jouer sur la partie centrale que représente, notamment, l'Union des démocrates et indépendants (UDI).      

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.