L'interview J-1, France info

Terrorisme : Emmanuel Macron "n’a pas du tout conscience de la gravité de la situation", selon Nicolas Dupont-Aignan

Le président de Debout la France et député de l’Essonne dénonce lundi sur franceinfo "une forme de banalisation des attentats dans notre pays".

Nicolas Dupont-Aignan, député de l’Essonne, président de Debout la France.
Nicolas Dupont-Aignan, député de l’Essonne, président de Debout la France. (RADIO FRANCE / JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT)

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et député de l’Essonne regrette que le chef de l'Etat n'accepte pas de dialoguer avec les partis politiques pour évoquer des solutions pour combattre le terrorisme. "C’était la moindre des choses", a t-il réagi sur franceinfo lundi 14 mai. Mais ce qui inquiète le président de Debout la France, c’est qu’Emmanuel Macron "n’a pas du tout conscience de la gravité de la situation et surtout il y a une forme de banalisation des attentats dans notre pays", estime-t-il.

"Contrôles des frontières, utilisation de l’article du code pénal pour 'intelligence avec ennemi', interdiction du retour des jihadistes, meilleurs contrôles des fichés S", a énuméré Nicolas Dupont-Aignan. Des propositions qui ne signifient pas "qu’il y aura zéro attentat si j’étais au pouvoir, mais on peut resserrer les mailles du filet", a-t-il estimé.


franceinfo : L'Elysée a opposé une fin de non-recevoir à Laurent Wauquiez qui souhaitait que le chef de l'Etat accueille tous les partis pour discuter des solutions pour combattre le terrorisme. Vous le regrettez ?

Nicolas Dupont-Aignan : Bien-sûr, c’était la moindre des choses que le président de la République écoute les forces politiques, comme le faisaient tous ses prédécesseurs. Le président de la République ne veut pas changer de cap sur sa politique de sécurité et c’est bien dommage. Ce qui m’inquiète, c’est qu’il n’a pas du tout conscience de la gravité de la situation et surtout il y a une forme de banalisation des attentats dans notre pays. J’ai calculé 16 attaques terroristes depuis Charlie Hebdo. Quand on reprend le profil des terroristes, à chaque fois ils auraient dû être soit en prison, soit dans leur pays d’origine. Là, samedi, l'homme était fiché S. Il n’aurait pas dû pouvoir commettre cet attentat. Dès Charlie Hebdo, j’ai proposé une liste de 25 mesures concrètes. Et l’Etat d’urgence a été abandonné par le gouvernement actuel.

Vous vous êtes abstenu lors de la loi qui a mis fin à l’état d’urgence, l’été dernier. Pourquoi ne pas avoir voté contre ?

J’avais dit que la fin de l’état d’urgence était une mise en danger des Français. Et je ne voulais pas voter cette loi qui institutionnalisait un recours de protection. L’état d’urgence permettait des assignations à résidence, une surveillance beaucoup plus étroite des terroristes. Ce qui me choque, c’est qu’on n’a même plus le droit dans notre démocratie, de dire que cette banalisation [du terrorisme] est choquante. On est traité de populiste, de démagogue par le gouvernement. On est en train de mettre dans l’esprit des Français une sorte de résignation. Il n’y a aucune résignation à avoir. Nous avons 323 jihadites de retour de Syrie. Pourquoi les a-t-on laissé revenir ? Certains sont en prison, d’autres sont en liberté. Je veux qu’aucun jihadiste Français partis combattre en Syrie ne reviennent en France.


Il y a 10 000 fichés S, que faire ?

On donne des moyens au service de renseignements pour pouvoir les suivre d’avantage, il faudrait recruter 10 000 [personnes], ce serait le minimum. Parallèlement des fichés S dangereux, radicalisés, pourraient être suivis par bracelet électronique. D’autres pourraient être mis en détention. On nous dit, ce n’est pas possible. C’est faux. L’hospitalisation d’office c’est une détention provisoire préventive avec un contrôle judiciaire. Enfin, les fichés S étrangers devraient être expulsés de notre pays. Il y a un poison de la résignation qui est à l’œuvre et le gouvernement s’exonère de sa responsabilité en disant ‘rien n’est possible’. Contrôles des frontières, utilisation de l’article du code pénal pour "intelligence avec ennemi", interdiction du retour des jihadistes, meilleurs contrôles des fichés S… Pour autant, on ne peut pas dire qu’il y aura zéro attentat si j’étais au pouvoir, mais on peut resserrer les mailles du filet.

Nicolas Dupont-Aignan, député de l’Essonne, président de Debout la France.
Nicolas Dupont-Aignan, député de l’Essonne, président de Debout la France. (RADIO FRANCE / JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT)