L'interview J-1, France info

Sanction contre la Pologne : "Nous estimons qu'il faut aller un cran plus loin", affirme Pierre Moscovici

Pierre Moscovici, commissaire européen aux affaires économiques, était l'invité de L'interview J-1, jeudi sur franceinfo. Elections régionales en Catalogne, extrême-droite au pouvoir en Autriche, durcissement du droit en Pologne... Il commente une actualité européenne chargée. 

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Pierre Moscovici, commissaire européen aux affaires économiques, était l\'invité de L\'interview J-1, jeudi 21 décembre sur franceinfo. 
Pierre Moscovici, commissaire européen aux affaires économiques, était l'invité de L'interview J-1, jeudi 21 décembre sur franceinfo.  (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

C'est un drôle de Noël qui se profile en Europe. La Catalogne est écartelée entre pro et anti-indépendance à l'occasion des élections régionales, l'extrême-droite est de retour au pouvoir en Autriche, la justice et les médias sont mis au pas en Pologne... Dans ce contexte, Pierre Moscovici, commissaire européen aux affaires économiques, était l'invité de L'interview J-1, jeudi 21 décembre sur franceinfo.

franceinfo : Au mois d’octobre, après le référendum, vous disiez que l’Union européenne ne pourrait pas reconnaître une Catalogne indépendante. La commission européenne est-elle vraiment neutre par rapport aux élections régionales catalanes ?

Pierre Moscovici : Ce référendum avait été organisé en marge de la légalité espagnole. Quand un peuple s'exprime, bien sûr le message qu'on entend est significatif. 

L’autre dossier chaud sur votre bureau de commissaire, c'est la Pologne. Si, dans trois mois, Varsovie n’a pas fait de progrès, vous déclencherez pour la première fois l’article 7 du traité de l’Union, qui peut priver la Pologne de son droit de vote. Bruxelles veut faire mentir ceux qui critiquent son impuissance politique ?

Ce qui se passe, c'est qu'en effet les médias sont sous contrôle et surtout, du point de vue de l'Etat de droit, que la justice est totalement mise au pas. Pensez que 40% des juges de la Cour suprême ont été poussés à la démission ou à la retraite, que les présidents des tribunaux peuvent être remplacés d'une simple décision politique sans qu'il y ait besoin d'avoir la moindre motivation. Nous avons tout fait pour solutionner les choses par le dialogue, maintenant nous estimons qu'il faut aller un cran plus loin.

Est-ce que vous êtes surpris, vous qui étiez dans le gouvernement Jospin au moment de la victoire de Jörg Haider, du peu de réactions à la coalition entre la droite et l'extrême-droite en Autriche ?

La situation est un peu différente dans la mesure où le chancelier a affirmé son intention pro-européenne, proclamé sa volonté d'agir dans le cadre de l'Union européenne. Nous allons juger aux actes mais, quand l'extrême-droite est au pouvoir, ça mérite quand même notre attention et notre vigilance. Ce qui ne signifie pas que nous sommes dans la même position qu'en 2000.

L’Assemblée a définitivement adopté le budget 2018, jeudi. Bruxelles aussi vote pour ? Ou vous dites comme d’habitude "peut mieux faire pour réduire les déficits" ?

Ce budget est voté dans des conditions qui devraient permettre à la France de sortir de ce qu'on appelle la procédure de déficit excessif. Il n'y a plus que deux pays dans cette procédure : l'Espagne et la France. J'espère que les deux en sortiront au printemps 2018. (...) Reste que sur le plan de ce qu'on appelle les déficits structurels, c'est-à-dire ceux qui évoluent indépendamment de la croissance, il y aura encore des progrès à faire dans les années suivantes.

Pierre Moscovici, commissaire européen aux affaires économiques, était l\'invité de L\'interview J-1, jeudi 21 décembre sur franceinfo. 
Pierre Moscovici, commissaire européen aux affaires économiques, était l'invité de L'interview J-1, jeudi 21 décembre sur franceinfo.  (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)