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Le déficit de l'Etat plus grave que prévu ?

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Cri d'alarme de l'UMP et réplique cinglante du gouvernement au menu des matinales. Bataille de chiffres et de chiffonniers : 20 milliards de déficit supplémentaires pour 2013 pour atteindre à la fin de l'année 80 milliards selon un rapport de l'opposition. Le gouvernement prévoit 60 milliards.
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Radio France
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Ces prévisions alarmistes interviennent au moment où Jean-Marc Ayrault
adresse à ses ministres les lettres-plafond fixant les limites de leurs
dépenses dans le prochain budget. Le président UMP de la commission des
Finances de l'Assemblée, Gilles Carrez, était l'invité de France Info à 8h.

"On peut essayer de trouver des économies
supplémentaires dans les dépenses de l'Etat et dans les dépenses sociales. A un
moment où on n'arrête pas de mettre en avant la transparence, je trouve anormal
que le gouvernement ne fasse pas la transparence sur quelque chose qui est
fondamental, c'est-à-dire l'évolution des comptes publics.
"

Au même moment ou presque, chez nos confrères de RTL, le
ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, dénonce un mensonge et affirme qu'il
n'y aura pas de loi de finance rectificative car les déficits sont maîtrisés.

"Je les trouves, ces députés de l'opposition,
singulièrement gonflé. Nous faisons notre travail qui est de redresser des
comptes publics qu'ils ont dégradés comme cela n'est le cas dans aucun autre
pays de l'Union européenne. Alors ils n'ont pas de leçon à nous donner parce
que le travail de maîtrise de la dépense, de réduction des déficits c'est nous
qui le faisons. Nous n'avons pas besoin de collectif budgétaire parce que nous
ne voulons pas ajouter l'austérité aux difficultés du pays.
"

Interrogé sur le maintien de la prévision du déficit en
2013, Pierre Moscovici n'a pas exclu d'éventuels ajustements si besoin.

La polémique Arnaud Montebourg / Commission européenne

"Le président Barrosso est le carburant du Front national ",
selon le ministre. En raison de ses positions libérales, Bruxelles serait donc
le responsable de la montée du FN. Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent,
partage la même analyse. François Hollande ne doit plus appliquer les recettes
de la Commission, estime-t-il.

"La politique de Barroso est une folie. Il nous
demande de déréglementer, de privatiser, de continuer les politiques d'austérité
alors qu'elles nous emmènent dans le mur, donc il faut arrêter avec cela. Mais
il faut que le gouvernement arrête cela. J'ai l'impression qui si Barroso
disait il faut jeter par la fenêtre on jetterait par la fenêtre parce qu'on est
dans l'Union européenne. Si Barroso dit des imbécillités nous ne sommes pas
obligés de les appliquer.
"

Attention à ne pas jouer avec le feu : l'Europe, dossier
sensible, est plus complexe que la petite phrase de Montebourg. C'est ce que
pense l'ancien ministre UMP Eric Woerth au micro de RMC.

"On attend d'un ministre du gouvernement une hauteur
de vue, là c'est une bassesse de vue. C'est vraiment quelque chose de tout
petit. Je ne dis pas que je suis d'accord avec Barroso sur tout, évidemment que
la Commission s'est surement enfermée dans un peu trop de technocratie mais il
y a des limites à ce que l'on dit sur l'Europe. Surtout en ce moment. Le
gouvernement doit être positif. Sur les finances publiques, il ment et sur l'Europe
il est négatif. Franchement, cela ne donne pas envie.
"

Jeudi, François Hollande aura l'occasion de revenir sur cette
polémique et sur la politique européenne à l'occasion d'un sommet de l'UE à
Bruxelles.

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