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Le budget examiné sur fond de recadrages gouvernementaux

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L'Assemblée nationale commence aujourd'hui l'examen du projet de budget 2013, le plus sévère de la Vème République. Les députés fourbissent leurs amendements, y compris à gauche, alors que le gouvernement tente de rétablir la discipline dans les rangs des ministres.
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C'est le projet de budget le plus rude de la Vème République. Un objectif : ramener le déficit public à 3% du PIB l'an prochain. Un pari : une croissance de 0,8%. Des moyens : 20 milliards de hausse d'impôts : 10 pour les ménages, 10 pour les entreprises et 10 milliards d'économies sur la dépense publique. Pour le député de l'Oise et ancien ministre du Budget, Eric Woerth, interrogé sur LCI, c'est trop, ce projet va faire caller la France : "3% c'est un bon objectif. Mais à partir du moment où on décide d'y arriver essentiellement par les impôts et rien sur la dépense publique, on aboutit à une baisse de pouvoir d'achat de tous les ménages et une chute de l'activité économique ".

"Le contraire de Nicolas Sarkozy" (J.M. Ayrault)

Le premier ministre Jean-Marc Ayrault a défendu son texte sur Europe 1. Pour lui, c'est au contraire un projet équilibré et la dépense publique est mise à contribution : "un tiers de diminution de la dépense publique, c'est sans précédent. C'est 10 milliards d'euros. En 2007, c'est le contraire qui s'est passé avec Nicolas Sarkozy et François Fillon : c'était 10 milliards d'euros de dépenses supplémentaires et des baisses d'impôts pour les plus riches ".

Le débat promet d'être passionné. La fiscalité des cessions d'entreprises, les intérêts d'emprunts, la redevance audiovisuelle : quelques uns des sujets qui vont donner lieu à des amendements. Et les plus discutés ne viennent pas toujours de la droite comme celui qui propose d'inclure les oeuvres d'art dans le calcul de l'ISF, déposé par le socialiste Christian Eckert. Jean-Marc Ayrault a rejeté cette perspective ce matin, mais pour l'ancien président d 'Assemblée Nationale, l'UMP Bernard Accoyer, qui s'exprimait sur Radio Classique, souhaite que les oeuvres d'art soient taxées au même niveau que les entreprises, ou que les entreprises bénéficient des mêmes ristournes que les oeuvres d'art : "Détenir des parts d'une entreprise, c'est à dire la décision de maintenir des emplois en France ou maintenir des oeuvres d'art en France, c'est la même chose. Je dirais même que pour maintenir des oeuvres d'art en France, il faut que le pays produise, donc il vaut mieux avoir d'abord des entreprises ".

***"Il faut parler à bon escient" (B. Hamon)


Autre sujet dans l'actualité de ce mardi matin, la discipline gouvernementale, à nouveau mise à mal ce week-end par les propos de Vincent Peillon, le ministre de l'Education, souhaitant un débat sur la dépénalisation du cannabis. Et là encore, Jean-Marc Ayrault a voulu remettre de l'ordre ce matin : "il y a quelques erreurs, il faut les reprendre ", a-t-il admis. Dès lundi, il a recadré ses ministres dans une version douce du fameux "un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne " de Jean-Pierre Chevènement, qui s'est transformé en "un ministre, ça ne parle pas de tous les sujets". Message reçu cinq sur cinq par le ministre de l'économie solidaire, Benoît Hamon sur RTL, plutôt discret jusqu'ici : "Parler à bon escient, c'est peut-être un peu moins intéresser le petit bruit médiatique, mais c'est faire en sorte que sur ces sujets là (l'emploi et les reprises d'entreprises en difficultés, ndlr), il y ait des ministres au travail et des ministres efficaces ".

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