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Critiques mesurées autour de l'intervention en Centrafrique

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Passe d'armes des politiques ce mercredi matin autour de l'intervention militaire en Centrafrique. Moins de cinq jours après le début de l'opération Sangaris, les premières critiques se font jour déjà, après la mort hier de deux soldats, âgés de 22 et 23 ans.
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Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

Avant les passes d'armes, l'hommage aux morts sur BFMTV/RMC du
ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

"J'ai beaucoup d'émotion parce qu'ils appartiennent au
8e régiment d'infanterie de marine de Castres. J'étais allé à
Castres très peu de temps avant et j'avais vu leurs camarades à Libreville dix
jours avant. Je suis très ému, je pense à leurs familles et à leurs camarades.
"

Les critiques sur l'opération militaire françaises sont
mesurées car l'armée est toujours un sujet sensible. L'angle d'attaque de l'UMP
et de son président de groupe à l'Assemblée, Christian Jacob, c'est l'isolement
de la France dans cette opération. Il était l'invité de RTL ce matin.

"Je pense que nous devions y aller, en revanche nous
avions émis quelques réserves sur la manière dont cela a été préparé. J'ai
toujours du mal à comprendre pourquoi la France est aussi isolée. Il  y a  une
difficulté du gouvernement à avoir la capacité de rassembler d'avantage d'alliés.
"

Réplique et contre-attaque

Jean-Christophe Cambadélis, le
député de Paris et secrétaire national du PS en charge de l'Europe et des
affaires internationales était l'invité d'iTélé.

"Il y a une espèce de tentation de voir la France dans
le ventre mou des nations. Il faut être avec tout le monde et surtout ne pas être
en avant. Mais la France assume son rang avec François Hollande. Nous avons
compris aujourd'hui que les Etats-Unis partant, l'Angleterre n'étant plus
capable, l'Allemagne ne voulant pas assumer, c'était à la France d'être le facteur
d'ordre en méditerranée et en Afrique.
"

Un facteur d'ordre, oui, mais pas à n'importe quel prix. Le
président de l'UMP Jean-François Copé demande, sur France Info, au président de
la République d'être plus précis.

"Il semble que la mission soit vraiment difficile.
Nous pensons tous ce matin à nos deux soldats et cela m'amène à dire que nous
avons besoin de connaître de manière plus précise le contenu de la mission, sa
durée effective. Il faut que François Hollande informe régulièrement les
Français de la situation. Derrière cela, il y a une réalité. On ne peut pas
avoir une force militaire présente et réduire les crédits de la Défense.
"

La loi de programmation militaire

Le Parlement a définitivement adopté hier la loi de
programmation militaire qui fixe le cadre budgétaire de la défense pour les six
ans à venir, 190 milliards d'euros de crédit sur cinq ans. Le texte prévoit la suppression
de 34.000 postes dans les armées dont près de 8.000 l'année prochaine. Un budget
défendu par le ministre de la défense sur RMC ce matin.

"Le débat sur les risques et les menaces de demain
pour notre pays et les moyens d'y répondre était un débat de très haute tenu,
avec l'intérêt commun de faire en sorte que notre pays assure sa sécurité et
ses responsabilités.
"

S'il y a globalement consensus sur l'engagement des forces
françaises, il n'y en a pas sur les moyens que l'Etat doit y consacrer.

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