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Une association américaine veut "sauver" les enfants des toxicomanes... en stérilisant leurs parents !

Une femme a-t-elle le droit de faire des enfants lorsqu'elle est toxicomane ? Il n'y a décidément qu'aux États-Unis que l'on peut légalement poser ce genre de question... et proposer la solution suivante : 300 dollars pour chaque drogué qui acceptera d'être stérilisé.

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Ce n'est pas la première fois qu'on entend parler de cette association nommée "project prevention". Mais elle refait ces jours-ci la une des médias américains, tout simplement parce que son "programme" fonctionnerait plutôt bien. La patronne de l'association, Barbara Harris, affirme avoir atteint la barre des 4000 stérilisations.

Mais pourquoi cette femme s'est-elle ainsi prise de "passion" pour les bébés des toxicomanes? Réponse sur le site internet du nouvel observateur : tout a commencé par une adoption. Nous sommes à Los Angeles, en 1989, Barbara Harris et son mari adoptent une petite fille, Destiny, et le couple apprend incidemment qu'à sa naissance, l'enfant a été testée positive au crack, au PCP et à l'héroïne. "Je n'avais jamais pensé que les femmes qui prennent des drogues ont des enfants ", explique Barbara Harris.

Son étonnement se transforme en colère lorsqu'elle apprend que la mère biologique de Destiny persiste à procréer.Quatre autres bébés, qui seront également adoptés par la famille Harris. "Pourquoi autorisons nous ces femmes , se demande Barbara, à se rendre chaque année à l'hopital pour y déposer un bébé endommagé, et à repartir, sans aucune conséquence ?"

Voilà pourquoi, en 1997, Barbara Harris crée son association, qui propose donc de l'argent à tout toxicomane qui acceptera d'être stérilisé. Elle mène campagne, assidument, par exemple dans les centres d'hébergements d'urgence, à coups de slogans qui font à la fois sourire, et frémir  "ne laissez pas une grossesse gâcher votre consommation de drogues !", ou encore "elle a les yeux de son père, et l'addiction de sa mère ".

Barbara Harris a même trouvé des financements privés, qui lui ont permis d'ouvrir une antenne à New York, puis une autre en Angleterre. Elle vise aujourd'hui l'Afrique du Sud et le Kenya, où elle propose également la stérilisation aux femmes malades du Sida. Et avec ses supposés 4097 stérilisations accomplies, Barbara Harris s'offre en ce moment une belle campagne d'affichage publicitaire pour trouver de nouveaux "volontaires" qui sacrifieront leur droit d'avoir des enfants, contre 300 dollars.

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