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James Hansen, le climatologue devenu militant

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Ce scientifique américain est un des plus grands spécialistes du climat. Il va quitter son poste à la Nasa pour se consacrer entièrement à la lutte pour l'environnement.
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Radio France
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Il veut être totalement
indépendant. James Hansen est célèbre dans le monde entier. Il a 72 ans. A la
NASA, il dirige l'institut Goddard,
le principal laboratoire de science climatique. Ce poste est prestigieux.
Pourtant, le scientifique a décidé de claquer la porte. Pour lui, c'est une
"obligation morale" : "En tant qu'employé du gouvernement,
aujourd'hui je ne peux pas témoigner contre le gouvernement".

Et c'est bien ce qu'il veut
faire : dénoncer les responsables politiques. Le site du Monde, dans l'article
d'Audrey Garric,
et le site du New York Times dressent son portrait. James Hansen veut mener des actions en justice au nom de
l'écologie, attaquer le gouvernement américain, et mobiliser les jeunes sur les
conséquences du changement climatique. Autrement dit, après quarante-six ans de
recherche, James Hansen veut devenir un militant de l'écologie.

D'une certaine façon, il
l'est déjà. Depuis des décennies, le scientifique est à la fois admiré et
controversé. Admiré, parce qu'il a compris avant tout le monde l'importance du
changement climatique et le rôle des activités humaines. Dès les années 1970,
il s'inquiète de la hausse du niveau des océans. En 1988, il s'exprime devant
une commission du Sénat. Et il fait sensation : il affirme qu'il est sûr
"à 99%" que le climat est entré dans une période de réchauffement. A
l'époque, peu de scientifiques le disent aussi clairement. James Hansen gagne
des admirateurs dans le monde entier.

Mais il se fait aussi
beaucoup d'ennemis. En particulier chez lui, aux Etats-Unis. Il faut dire que
James Hansen n'est pas un scientifique comme les autres. Quand il est
convaincu, il descend dans la rue. Le Monde raconte qu'en 2009, le chercheur
passe une nuit, dans un parc, à Boston. Il manifeste avec des étudiants. Il
veut faire pression sur l'Etat du Massachusetts pour qu'il adopte une loi sur
le climat. Le chercheur est arrêté.

Un autre jour, pour dénoncer
une centrale à charbon dans l'Iowa, il compare les convois de houille aux
"trains de la mort" qui sillonnaient l'Europe à l'époque du nazisme.
Ses déclarations vont trop loin. Sa hiérarchie le supporte de moins en moins.
Quand George Bush entre à la Maison Blanche, le scientifique est même censuré.
Il n'a plus le droit de parler à la presse.

Mais il se fâche aussi avec
certains écologistes, par exemple quand il défend l'énergie nucléaire. Il
considère que pour le climat, cette énergie est un moindre mal. James Hansen
veut être libre, jusqu'au bout.

 

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