Un collectif propose d’en finir avec les tarifs différents entre hommes et femmes dans les salons de coiffure

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Créé mi-mai, le collectif "Coiffure en lutte" entend mettre le sujet du prix des coupes sur la table, avec l’idée de calculer les tarifs en fonction du travail que demande la coupe et non plus de la différence homme-femme.

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Radio France
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Une femme en train d'être coiffée dans un salon. Photo d'illustration. (LIONEL LE SAUX / MAXPPP)

Voilà qui devrait parler à pas mal de monde et qui est source d’un débat parfois houleux : la différence de prix affichée sur les vitrines des salons entre la "coupe femme" et la "coupe homme". Autour de 35 euros pour mesdames, et 20 pour messieurs. Une différence que Laura Morandi, 33 ans et coiffeuse dans les Hauts-de-Seine, voudrait gommer. Elle l’a fait, d’ailleurs, pour sa propre clientèle et le raconte au Huffington Post.

Après avoir travaillé 14 ans en salon, elle s’est mise à son compte comme coiffeuse à domicile, et a décidé de ne plus faire de différence entre homme et femme mais d’adapter ses tarifs à la longueur des cheveux et au temps de travail que demandent les coupes.

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Si l’on parle d’elle aujourd’hui, c’est parce qu’elle vient de lancer un collectif, "Coiffure en lutte", pour inciter ses collègues à rien moins que "révolutionner la coiffure", changer les codes, moderniser la profession. Elle l’a fait après avoir lancé un appel en story sur Instagram pour, disait-elle, "mettre en avant le problème des tarifs genrés en salon de coiffure", pour en finir avec ce que Laura Morandi appelle "la taxe rose, le fait, dit-elle, que pour une même coupe, une femme paiera toujours plus cher qu’un homme."

Parce que c’est c’est la tradition, parce que quand une personne passe la porte d’un salon mixte, ce n’est pas la coupe qui va déterminer le prix à la caisse mais la question de savoir s’il s’agit d’un homme ou d’une femme. Pour une fois ce ne sont pas les clients, mais une coiffeuse qui le souligne. 

Prendre en compte le temps de travail d'une coupe et non le genre

L’idée n’est pas de faire payer 35 euros à tous les hommes. Laura Morandi propose que la durée de la coupe détermine le prix et que les salons de coiffure remplacent les mentions "homme-femme" par, par exemple, "coupe courte, mi-longue ou longue". Un barème vu comme plus juste, en témoignent les commentaires laissés par des internautes sur le compte Instagram du collectif, des témoignages principalement de femmes aux cheveux courts qui payent plus cher que leurs maris, conjoints, amis pour la même coupe. Preuve qu’il y a bien là une bataille contre le sexisme. Et pour la logique.

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