Neelam Patil, la professeure de SVT qui a fait planter une forêt à ses élèves dans une cour d’école

écouter (2min)

L'enseignante de Berkeley, en Californie (États-Unis), région fortement touchée par les catastrophes climatiques, a été nommée "Enseignante innovante" de 2022 par le magazine américain "Time" pour l'initiative qu'elle a menée avec ses élèves âgés de 9 à 10 ans. 

Article rédigé par
Marion Lagardère - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Neelam Patil a été désignée "Enseignante innovante" par le magazine américain Time, en juin 2022. (CAPTURE D'ÉCRAN TWITTER)

Le mois de juin est traditionnellement celui durant lequel on a l'habitude de s’arrêter sur les performances des élèves et leur bulletin de fin d’année. Le magazine américain Time, lui, a rendu hommage mercredi 8 juin à ceux qui les forment, en l’occurrence les professeurs. L’hebdomadaire nomme cette semaine les dix "Enseignants innovants" de 2022 (lien en anglais).

Parmi eux, on trouve Neelam Patil (lien en anglais), professeure de SVT. Elle est récompensée pour son idée géniale de faire planter une forêt à ses élèves de CM2. Elle enseigne dans trois écoles primaires à Berkeley, en Californie (États-Unis). La région est particulièrement touchée par le dérèglement climatique, enchaînant ces dernières années sécheresses, canicules et incendies. D’où son initiative de faire planter à ses élèves de 9 à 10 ans une forêt de poche dans leur école, pour mieux comprendre et observer la vie des arbres.

Ces catastrophes répétées inquiètent les jeunes bien plus que les adultes. C’est ce qu’elle a remarqué en septembre 2020, au lendemain d'incendies qui ont ravagé des dizaines de milliers d’hectares. Les élèves ont voulu parler de cela en cours, lui demandant que faire et comment agir. Neelam Patil s’est donc renseignée et elle est tombée sur le travail d’un botaniste Japonais, Akira Miyawaki, qui a développé le concept des forêts de poche. Il s'agit d'ensembles d’arbres très denses, plantés sur des terrains très étroits : exactement le genre d’espace que l’on peut trouver dans une cour d’école. La professeure a donc proposé à ses élèves de planter leur micro-forêt, mettant en terre des espèces locales et peu gourmandes en eau. Les écoliers se sont pris de passion pour le projet.

Apporter "un sentiment de paix et d'espoir aux enfants"

Qu’est-ce qu’un arbre ? Quel rôle joue-t-il pour les oiseaux, les insectes, la vie sous la terre ? Quel impact a-t-il sur le climat et le cycle de l’eau ? Neelam Patil leur a expliqué combien les végétaux, que l’on présente toujours comme inertes, immobiles et passifs, ont en réalité des vies passionnantes et, accessoirement, particulièrement utiles aux humains que nous sommes. Ils contribuent à faire baisser la température, absorbent le carbone et gardent la terre humide. Surtout, "ils font du bien au mental, précise Neelam Patil. Ils apportent un sentiment de paix et d’espoir aux enfants qui s’en occupent."

En deux ans, les élèves ont planté 3 300 jeunes pousses et contemplent chaque jour la progression de leur forêt, véritable oasis au sein de l’école. Prochain objectif de la professeure : convaincre l’État de financer des micro-forêts dans toutes les écoles du pays et inspirer des initiatives similaires. Comme des envies de semer, planter et regarder grandir d’autres vies que les nôtres.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.