Mike Huss, le pion devenu directeur d'école, l’histoire positive que les médias américains s’arrachent en cette rentrée

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Il a pris ses fonctions il y a deux semaines, et depuis, son histoire a fait le tour du pays. Un rare récit positif au milieu d’une rentrée morose aux États-Unis, où c’est le niveau historiquement bas des élèves et la crainte de nouvelles fusillades dans les écoles qui préoccupe.

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Radio France
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Mike Huss, pion devenu chef d’établissement à Lone (Californie) sur le site de KCRA3. (CAPTURE D'ECRAN)

En cette rentrée 2022, les constats et témoignages tous plus inquiétants les uns que les autres sur l’école s’enchaînent : pas assez de profs, des contractuels pas formés, des fournitures et des repas à la cantine dont les prix augmentent. Des problèmes qui ne sont pas restreint à la France mais sont les mêmes ailleurs dans le monde, notamment aux États-Unis où l’histoire de Mike Huss détonne. Il raconte à la chaîne américaine ABC comment il est passé du poste de surveillant à chef d’établissement en quelques années. Mi-août, en Californie, dans la petite ville de Lone, pas très loin de San Francisco, Mike Huss, 55 ans, a pris ses fonctions de principal de l’école élémentaire. Cela fait donc deux semaines et depuis, les journalistes se bousculent pour décrocher l’histoire positive de la rentrée.

Mike Huss joue le jeu et raconte. Il a lui-même été élève ici, et puis, après avoir fini son lycée, faute d’appétit pour les études, il a postulé pour devenir surveillant et l’école l’a embauché. Pendant plusieurs années, il s’est occupé d’ouvrir et fermer les classes, de veiller au grain, de stopper les débuts de brouilles entre élèves, d’être une oreille attentive aussi parfois.

Reprendre des études pour prouver que "tout est possible"

"Ça a duré plus de dix ans, explique-t-il à Good Morning America, j’étais amoureux, je voulais que ma femme puisse faire les études dont elle rêvait donc j’ai travaillé, et puis on a eu un enfant et lorsqu’il a eu trois ans, j’ai voulu lui montrer autre chose, lui montrer que si son père pouvait passer de concierge à prof, alors tout était possible."

Parce qu’avant de devenir chef d’établissement, la vraie conquête de Mike Huss, ça a été de faire des études, de retourner en classe pour décrocher un diplôme. Pendant quatre ans, il a jonglé entre son travail et les bancs de la fac, et quand son fils a eu 7 ans, lui a fait son entrée en salle des profs, dans la même école de Lone. "Le lundi, j’ai fermé la salle en tant que concierge, le mardi, j’y suis entré comme enseignant et le mercredi, j’ai donné mon premier cours." Ça a duré vingt ans, jusqu’à cet été et aujourd’hui, tous les élèves connaissent le parcours de l’ancien concierge devenu directeur, celle qui sert à prouver que tout est possible. À l’heure où la presse américaine se désespère de voir que le niveau des écoliers n’a jamais été aussi bas, l’histoire de Mike Huss n’efface pas les problèmes, mais elle rappelle que rien n’est jamais figé, ni à 10 ans, ni à 18, ni plus tard.

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