Eruption volcanique aux Tonga : Marian Kupu, rare journaliste joignable sur place, raconte la catastrophe

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La réparation de son antenne radio a fait de Marian Kupu l’une des premières personnes enfin joignables sur l’archipel coupé du monde : elle raconte enfin ce que les habitants ont enduré.

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Radio France
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Des maisons recouvertes de cendres à Kanokupolu (Îles Tonga), le 24 janvier 2022. (TONGA RED CROSS SOCIETY HANDOUT / MAXPPP)

Dix jours après l’éruption du volcan Hunga Tonga Hunga Ha’apai, les 100 000 habitants de l’archipel du Pacifique sont toujours très isolés. L’aide humanitaire envoyée par l’Australie, le Japon et la Nouvelle-Zélande arrive au compte-goutte, les pistes de l’aéroport viennent seulement d’être déblayées et les câbles sous-marins qui permettent les connexions internet ne seront pas réparés avant un mois.

Et voilà comment en 2022, dans un monde hyper connecté, un territoire entier peut se retrouver coupé de tout. Coupé, jusqu’à ce qu’une antenne de la station de radio pour laquelle travaille Marian Kupu, journaliste à BroadCom FM, soit réparée et lui permette soudain de recevoir des flots de demandes d’interview de Chine, des États-Unis, d’Allemagne... Bref, de la planète entière.

Elle raconte au quotidien britannique The Guardian comment elle est devenue à sa grande surprise la témoin numéro un des iles Tonga, et elle décrit aussi ce qui s’est passé avant, à commencer par la détonation assourdissante du 15 janvier à 17h10.

"Vous voyez cette sensation d’oreille bouchée qu’on a en avion ? Et bien c’était ça, mais en 10 fois plus intense."

Marian Kupu

au Guardian

"D’un seul coup, on ne s’entendait plus les uns les autres, on était obligé de mimer aux gens de courir, de fuir la côte à tout prix." explique-t-elle, avant de décrire la pluie de cailloux s’abattant sur le capot et le pare-brise de sa voiture alors qu’elle était au volant, juste avant que ne tombe des paquets de poussières noires opaques, allant jusqu’à occulter le soleil.

Une situation sans précédent pour les Tonga

Marian Kupu a roulé jusqu’à la maison de son frère, sur les hauteurs. Et puis le lendemain, elle est retournée près de la côte pour découvrir un spectacle apocalyptique : une odeur âcre, les poissons morts partout, la boue, les cendres recouvrant tout, les cocotiers arrachés, des voitures, des toits de maison, des murs, des planches, des lits, des chaises, enchevêtrés. 

À lire son récit, on se dit que le bilan de trois morts est soit miraculeux, soit sous-évalué. Mais ce n’est pas ça qui l’obsède dans l’immédiat, le problème majeur, dit-elle, "C’est l’eau potable et la nourriture". Beaucoup de Tongiens vivent de leurs plantations aujourd’hui disparues: "Ce qu’il faut dire, c’est que nous n’avons jamais affronté une épreuve pareille et que nous avons besoin d’aide". 

Un appel qu’elle répète à tous ceux qui font encore sonner son téléphone. Parce qu’il marche, et que c’est l’une des rares choses sur lesquelles les Tonga peuvent compter pour crier leur appel à l’aide avant d’être oubliés.

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