En Grèce, Michalis Protopsaltis, le maçon qui sauvé 80 naufragés début octobre refuse d'être qualifié de héros

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Patron d’une entreprise de construction, il s'est porté au secours des passagers d’un bateau échoué au pied d’une falaise de Cythère, plaçant sa grue au-dessus de l’épave pour en sortir un par un les 80 naufragés.

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Radio France
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Photo de Michalis Protopsaltis postée sur son compte Facebook. (CAPTURE D'ÉCRAN)

C’était le 5 octobre en Grèce, en plein milieu de la nuit. Une tempête battait les flots de la mer Egée et au large de l’île de Cythère, entre le Péloponnèse et la Crète, une embarcation s’est retrouvée projetée contre une falaise, embarcation dont Michalis Protopsaltis, 66 ans, a pu sauver 80 passagers. 80 vies, d’hommes, de femmes et d’enfants. Un geste pour lequel il a été honoré lundi 24 octobre lors d’une cérémonie au ministère des Affaires Maritimes. Pourtant il ne veut pas du titre de héros. Il dit qu’il a juste fait ce qu’il a pu.

Et il aurait voulu faire plus, parce que le bateau ne contenait pas 80 passagers mais 95, et les quinze manquants sont morts sous ses yeux. Il en a pleuré. Tous ont fui la guerre et la violence de régimes autoritaires. Des familles afghanes, syriennes, parties d’Izmir en Turquie, destination l’Italie. Mais la tempête en a décidé autrement, repoussant le bateau vers la côte, jusqu’à l’encastrer entre deux rochers, au pied d’une falaise. Les naufragés, pris au piège, hurlent de désespoir. Des cris qui font sortir de chez lui Michalis Protopsaltis qui comprend tout de suite l’urgence. Il est patron d’une entreprise de BTP, et il a un camion-grue, il l’a donc installé en haut de la falaise, a fixé un grand sac de chantier vide au crochet de levage et a fait signe aux naufragés de monter dedans. Avec l’aide d’une dizaine d’autres habitants du village, une première personne a été remontée, puis une deuxième, et ainsi de suite pendant trois heures.

"Ce que nous avons fait était juste humain"

"Les vagues projetaient les gens contre les rochers, confie-t-il au quotidien The Guardian, ils essayaient de s’agripper au bateau mais n’y arrivaient pas, ce dont nous avons été témoin ce soir-là était infernal, absolument effroyable, quelque chose que je n’aurais jamais imaginé voir." En ouvrant les journaux le lendemain, Michalis Protopsaltis n’a pas compris ce qu’il a lu. Il n’a pas compris qu’on le qualifie de héros, en soulignant qu’il aurait pu ne rien faire. "Ça sous-entend quoi ? Qu’on aurait pris le temps d’y réfléchir ? Qu’on laisserait mourir les gens ? C’est insupportable, dit-il à la presse grecque, ce que nous avons fait était juste humain, et c’était la seule chose à faire. Il n’y a pas d’héroïsme là-dedans."

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