En Angleterre, la fauvette de Dartford, un petit oiseau disparu il y a 60 ans, est de retour

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La Société royale de protection des oiseaux a dénombré 183 couples dans les réserves naturelles d’Angleterre, un record depuis 1963 où leur nombre était tombé à deux couples dans tout le pays. Un signe positif, qui prouve que la protection des espaces naturels porte ses fruits.

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Radio France
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Une fauvette de Dartford en Grande-Bretagne. (EDUCATION IMAGES / UNIVERSAL IMAGES GROUP EDITORIAL via GETTYIMAGES)

C’est un passereau, la fauvette de Dartford, que nos voisins au Royaume-Uni considéraient comme espèce disparue depuis les années 1960 et qui réapparaît pour la première fois en nombre dans la lande anglaise. Et, vu que les bonnes nouvelles sont rares concernant l’état de la biodiversité, la fauvette a droit à des articles dans toute la presse britannique, du Times au Guardian. Des journaux qui expliquent qu’en avril, la RSPB, la Société royale de protection des oiseaux, l’équivalent de notre LPO, a dénombré 183 couples dans les réserves naturelles d’Angleterre, un record depuis 1963.

À quoi ressemble cette fauvette de Dartford ? C’est un petit modèle, 10 grammes en moyenne, pour une douzaine de centimètres, avec un plumage gris sur le dos, rose sur le ventre. Un passereau qui n’aime pas le gel, et qui vit dans un endroit bien précis : la lande de plaine, lieu humide, sans arbre mais couvert d’ajonc, ces petits bosquets épineux dans lesquels la fauvette trouve son repas, en l’occurrence des araignées et des chenilles, et où les couples font leur nid. Or, ce type de terrain a progressivement disparu au milieu du siècle dernier, colonisé, grignoté par les humains, pour construire, bétonner, habiter, ne laissant aujourd’hui que quelques réserves naturelles protégées.

Ajouté à cela un épisode de gel intense, au printemps 1963, la RSPB ne recensait plus que deux couples de fauvettes de Dartford. D’où le constat de quasi disparition, jusqu’en 2019, lorsqu’une vingtaine de couples a été observé. Pour le directeur de la réserve de Minsmere, Mel Kemp, c’est le travail de préservation de ces terres qui porte enfin ses fruits. "Cela signifie, dit-il au Guardian, que nous devons continuer à restaurer, protéger ces terres fragiles, non seulement pour la fauvette mais pour toutes les espèces qui y vivent." Question d’équilibre.

La présence de la fauvette est une preuve de bonne santé de la terre. Mais son retour est une exception si l’on regarde l’état des populations d’oiseaux en Europe. En 40 ans, leur nombre a baissé de 20%, en ville comme à la campagne. Ce que nous dit cet oiseau, c’est que ne plus bétonner, limiter les insecticides, laisser de l’espace aux vivant, ça marche.

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