Don Riccardo Ceccobelli, l’ex-prêtre qui a démissionné de l’Eglise "par amour" pour une paroissienne

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C’est à Massa Martala, dimanche 11 avril, à la fin de son homélie, qu’il a annoncé son départ à ses paroissiens. "Mon cœur est amoureux", a-t-il reconnu, ajoutant partir par honnêteté, pour ne pas briser la promesse de chasteté faite à l’Église. Une phrase qui l’a propulsé dans un tourbillon médiatique.

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Radio France
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Riccardo Ceccobelli, ancien curé, sur compte Instagram. (CAPTURE D'ECRAN)

Don Riccardo Ceccobelli, 42 ans, était depuis douze ans curé de l’église San Felice à Massa Martana, petite ville en plein cœur de l’Italie. Sacerdoce classique, banal, sans histoire... jusqu'au dimanche 11 avril, lorsqu'à la fin de la messe, il a annoncé à ses paroissiens qu’il était amoureux. "Jusque-là, je n’ai jamais trahi la promesse que j’ai faite à l’Eglise, mais voilà, mon cœur est amoureux, a-t-il lancé, et par conséquent, aujourd’hui je rends mon habit sacerdotal." Il ajouté qu’il le faisait par respect pour l’Eglise, par volonté "de rester un homme honnête et transparent." Après l’office, il a donc rendu sa soutane et demandé à l’évêque de le libérer de ses vœux.

Une histoire qui passionne la presse internationale

La suite est un effet boule-de-neige assez impressionnant : le dimanche soir, le diocèse a enclenché la procédure pour lui permettre de retourner à l’état laïc. Le lundi matin, l’histoire était dans les journaux régionaux, le lendemain dans la presse nationale, avant d’être récupérée le surlendemain par les médias en France, en Belgique, en Suisse, en Espagne, au Brésil… Des centaines d’articles publiés dans toutes les langues, des milliers d'occurences dans les moteurs de recherche et des grappes de journalistes traquant le prêtre volatilisé. Au bout de trois jours, les journalistes du Corriere della Serra ont enfin retrouvé ce pauvre Don Riccardo, rentré chez ses vieux parents faute de logement et surtout, fuyant la vindicte, parce que, disons-le, il a été accusé de tous les maux : légèreté, faiblesse, trahison.  "Les gens parlent, répond-il, mais ils ne savent rien." a déclaré Don Riccardo Ceccobelli.

Si je vais me marier et avoir des enfants ? Je ne sais pas. Ma seule certitude, c’est que depuis dimanche je me sens libre. Le reste est au bon vouloir de Dieu.

Don Riccardo Ceccobelli, ancien prêtre

au Corriere della Sera

Il explique qu’avant de sauter le pas, il a pleuré pendant des semaines, au point d’avoir développé une inflammation de la cornée, et d’inquiéter son ophtalmologue. En répondant au Corriere, il a donc un pansement sur l’œil, et sa bien-aimée, Laura, est à ses côtés. "Elle venait à la paroisse depuis quatre ans, confie-t-il, mais c’est en septembre que j’ai senti que quelque chose avait changé en moi, une émotion, un élan puissant que je me suis astreint à contrôler, à étouffer, à nier, mais les jours passaient et c’était de pire en pire." Non seulement Don Riccardo n’y arrive plus, mais il ressent une culpabilité brûlante vis-à-vis de ses fidèles. Il en parle à l’évêque. Impossible de continuer en cachant son tourment. Il est donc parti. À la fin de l’interview, le journaliste lui demande quand même s’il va se marier, avoir des enfants ? "Je ne sais pas, dit-il, ma seule certitude, c’est que depuis dimanche je me sens libre. Le reste est au bon vouloir de Dieu." Manière de mettre fin au tourbillon médiatique et d’inciter les curieux à prendre cette histoire pour ce qu’elle est, juste une histoire d’amour.

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