Dérèglement climatique : à 17 ans, Anjali Sharma poursuit le gouvernement australien

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Avec huit autres adolescents, elle a déposé plainte en 2020, gagné son premier procès en 2021 mais vient d’essuyer un revers en appel.

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Radio France
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Mine de charbon à Singleton en Australie, le 5 novembre 2021. (SAEED KHAN / AFP)

Alors qu’ici en Europe, le gaz russe et les prix du pétrole occupent tous nos débats, en Australie, cette lycéenne s’attaque à une autre énergie fossile : le charbon, l’une des pires sources d’émission de gaz à effets de serre, et dont son pays est le quatrième producteur mondial. Anjali Sharma, 17 ans, habite à Melbourne, et depuis 2020, elle poursuit en justice son gouvernement pour avoir autorisé l’ouverture d’une énième mine de charbon, et ainsi avoir failli à son devoir de protéger l’avenir des jeunes générations.

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Avec huit autres adolescents, âgés de 14 à 17 ans, elle a remporté son procès l’année dernière, en 2021, devant la cour fédérale. Mais le ministère de l’Environnement a fait appel. Coup de théâtre mardi 15 mars, la cour a finalement décidé que le gouvernement n’a "pas de devoir de protection envers les enfants face aux effets du changement climatique".

En quittant la salle d’audience, beaucoup de jeunes ont pleuré, mais pas Anjali Sharma. Elle est rentrée chez elle et a écrit une longue tribune que le Sydney Morning Herald vient de publier : "Les enfants s’entendent toujours dire qu’il faut accepter de perdre, que la victoire n’est pas tout, que l’important, c’est de participer. Oui, mais nous avons perdu, et je suis en colère, je suis dévastée." 

En Australie, des catastrophes naturelles de plus en plus destructrices

Anjali Sharma rappelle que lorsqu’elle a déposé plainte, l’Australie subissait les plus gros incendies de son histoire. Et qu’aujourd’hui, le même territoire est dévasté par des inondations hors norme, alors elle demande, combien de catastrophes faudra-t-il pour qu’enfin des mesures soient prises ?

"Certes, écrit-elle, la cour a estimé que le gouvernement ne doit rien aux enfants quand il accepte d’ouvrir des mines de charbon, mais notre argument moral tient, et ce verdict ne change rien à la vérité scientifique, il n’annule ni les méga-feux, ni les inondations qui résultent du changement climatique." Anjali Sharma ne veut pas s’arrêter là, avec ses camarades, elle étudie la possibilité d’aller en cassation.

Elle qui est née en 2004 à New Dehli, en Inde, dans l’une des villes les plus polluées du monde, avant que ses parents ne s’expatrient, dit qu’elle ne se bat pas uniquement pour l’Australie, mais pour limiter le réchauffement global. Les gaz à effets de serre n’ont pas de frontières. Sur les réseaux sociaux d’ailleurs, elle a reçu des milliers de messages de soutiens, de remerciements, d’encouragement. Et pas seulement de la part de jeunes australiens. Preuve qu’elle et ses huit camarades sont loin d’être seuls.

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