Défaite en finale du tournoi de tennis de Lyon, l’Ukrainienne Dayana Yastremska va reverser ses gains pour l’Ukraine

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C’était déjà une immense victoire pour elle d’atteindre la finale du tournoi après plusieurs jours d’un long périple pour fuir les combats en Ukraine, mais la pression était trop forte : la jeune joueuse de 22 ans s’est inclinée, sous les applaudissements nourris du public.

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Radio France
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La joueuse ukrainienne Dayana Yastremska au tournoi de tennis de Lyon (Rhône), le 5 mars 2022. (OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)

Force est de constater qu’au lendemain du match, ce n’est pas la gagnante, la Chinoise Shuai Zhang, qui fait la une mais bien la perdante, l’Ukrainienne Dayana Yastremska, 22 ans. Et pour cause : il y a douze jours, elle était en famille, à Odessa, elle devait s’envoler le lendemain pour Lyon, lorsque la guerre a éclaté et fait basculer sa vie. "La veille, la soirée était agréable, joyeuse, raconte la joueuse Ukrainienne, et puis, au petit matin, nous avons été réveillés par les bombes." Effectivement, ce jour-là, l’armée russe a entamé son invasion de l’Ukraine avec une série de bombardements de site stratégiques, notamment à Odessa. Six personnes meurent. La famille est prise de court et Dayana Yastremska raconte sa sidération, l’effet de choc total : "Nous ne comprenions pas ce qui se passait, dit-elle, ce n’était ni un film, ni un jeu vidéo, nous n’arrivions pas à réaliser, alors nous sommes juste allés nous réfugier dans un parking souterrain, et nous sommes restés là deux jours."

La vie s’est arrêtée, tous les vols ont été annulés : Dayana ne pensait plus à son tournoi. Mais le troisième jour, ses parents lui ont dit de partir, de se sauver avec sa sœur, avant qu’il ne soit trop tard. Commence alors un périple fait de routes bloquées et de barrages tenus par l’armée. La joueuse passe la frontière vers la Roumanie à pieds avec sa sœur et ses deux valises, elles ont pris un bateau sur le Danube, puis de nouveau une voiture avant d’arriver à Bucarest, de prendre un avion et finalement atterrir à Lyon, épuisées, abattues. Après quatre jours sans dormir, elles se sont enfin reposées, et puis Dayana a pris ses raquettes, "parce que je ne peux rien faire d’autre que jouer au tennis, dit-elle, c’est ma vie, et comme me l’a dit mon père, il faut que je construise mon futur."

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Pendant tout le tournoi, elle a donc tenu au mental et au cœur, répétant après chaque victoire qu’elle jouait pour l’Ukraine, mais passant des nuits blanches, accrochée à son téléphone.

Alors certes, dimanche, Dayana Yastremska a perdu la finale, mais elle a été ovationnée, acclamée comme une gagnante. Elle a fondu en larmes et annoncé qu’elle allait reverser ses 14 000 euros de gains à une association humanitaire Ukrainienne. Une joueuse qui est donc désormais réfugiée en France, et qui ne sait pas de quoi ses prochains jours seront faits.

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