Ben Grosser a créé Minus, l’anti-Facebook qui limite le nombre de publications à 100 par utilisateur à vie

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Minus a été lancé il y a deux mois maintenant pour proposer une autre expérience des réseaux sociaux et nous questionner sur notre attitude d’internaute, puisqu’il n’y a ni bouton  "j’aime", ni possibilité de partage, ni publicité.

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Radio France
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 "Minus" expliqué par son créateur Ben Grosser sur Viméo. (CAPTURE D'ÉCRAN)

C’est un réseau social d’un tout nouveau genre, allant à l’encontre de ce que l’on fait habituellement sur Facebook, Instagram, ou Twitter, c’est-à-dire publier tout ce que l’on fait, démultiplier les j’aime, les commentaires, les partages, les story… Bref, autant d’habitudes que Ben Grosser entend bien changer. Il est chercheur à l’université d’Urbana dans l’Illinois aux États-Unis, spécialiste des nouvelles technologies, et il a donc créé l’anti-Facebook, le réseau social Minus, "moins" en anglais. "Moins", pour moins de likes, moins de publications, moins de réactions intempestives, moins de temps passé sur les fils déroulants infinis des réseaux puisque sur Minus, le nombre de publications est limité à 100 à vie.

Sur Minus, on ne publie pas pour être liké, puisqu’il n’y a pas de bouton "j’aime", ni de partage possible ou de suggestion de personnes à suivre. C’est ce que détaille son créateur dans un long entretien au magazine Usbek & Rica : "L’objectif, c’est d’amener un questionnement : est-ce que je dois publier à chaque fois que j’en ai envie ? Ou est-ce que je ne devrais pas sélectionner plus soigneusement chacune de mes publications ?" 

Ben Grosser nous laisse choisir. Mais il note déjà chez les personnes qui se sont créé un compte sur Minus un mode d’utilisation différent : "il y a beaucoup de publications créatives, des poèmes, des performances, des expériences... En deux mois, j’ai constaté que beaucoup de gens préfèrent publier ce genre de choses plutôt que des publications politiques ou controversées".

Minus from ben grosser on Vimeo.

Le fait de mettre ces limites réduirait donc l’excès, l’emportement, l’ultra-réactivité. Ben Grosser sait de quoi il retourne puisqu’il confie être lui-même accro à Twitter, où il publie des dizaines de messages par jour. Preuve en tout cas que sa démarche concerne l’ensemble du monde connecté, il est interviewé ces derniers jours un peu partout, du quotidien italien La Repubblica au britannique The Guardian, en passant par la presse au Brésil et au Japon. Sans doute parce que Minus pose la question de savoir ce que nous voulons montrer et dire de nos vies, si la vie c’est se montrer et se raconter, toujours plus et tout le temps.

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