Avant la COP27, le nageur Lewis Pugh traverse la Mer Rouge à la nage pour alerter sur l’état des coraux

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Si la température continue d’augmenter et dépasse d'un degré et demi celle enregistrée en 1850, les coraux sont condamnés à disparaître. C’est cette menace que l'athlète anglo-sud-africain Lewis Pugh met en avant avec sa traversée pour dire aux dirigeants politiques d’agir sans attendre.

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Radio France
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Lewis Pugh arrive à Douvres le long de la Manche, parti de Land's End, pour une "nage de la protestation" afin de sauver les mers. (GARETH FULLER / MAXPPP)

Lewis Pugh, 52 ans, est champion de nage d’endurance. Il est le premier athlète à avoir nagé dans tous les océans du monde, à chaque fois au moins sur dix kilomètres. Des performances qu’il réalisait au début de sa carrière pour l’exploit sportif, et qu’il exécute désormais pour plaider la cause des mondes aquatiques, océans, lacs, rivières. Il sait que, dès qu’il plonge quelque part, on parle de lui, alors il plonge là où il y a urgence. En l’occurrence ce mois-ci, dans la Mer Rouge, au milieu de ses coraux féériques qui attirent chaque année des milliers de touristes mais qui finissent par blanchir à cause du réchauffement comme les autres récifs ailleurs dans le monde.

Avec le réchauffement climatique, la température de l’eau augmente et ce bouillon est en train de décimer les fonds marins. Or, s’il n’y a pas de coraux, il n’y a pas de poissons, donc pas de ressources pour les millions de personnes qui vivent sur les côtes de la Mer Rouge. Sans parler de la perte d’une merveille naturelle sans pareille, le genre de chose qui n’a pas de prix. Pour en parler, Lewis Pugh s’est donc lancé. Il est parti la semaine dernière d’Arabie Saoudite et compte atteindre l’Egypte dans dix jours, un périple de 160 kilomètres à raison de dix kilomètres de nage par jour.

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Etape cruciale : il passera par Sharm-El-Sheikh où va s’ouvrir la COP27, la 27e réunion sur le climat des principaux dirigeants de la planète, puisque c’est à eux qu’il s’adresse, "pour leur faire enfin comprendre, dit-il sur Instagram, que si nous ne stoppons pas nos émissions de gaz à effet de serre tout de suite, nous risquons de perdre 99% des coraux." Pour bien mesurer ce qu’on perdrait, il publie tous les jours des vidéos à couper le souffle, où se mêlent poissons-clowns, poisson-lunes, balistes, anémones multicolores et requins, un monde à part entière.

Il croit en la force de l’image, d’où toutes ses photos et vidéos publiées quotidiennement. Il avait déjà utilisé la même méthode en crawlant dans le glacial océan Arctique pour alerter sur la fonte des pôles, dans un lac en haut de l’Everest pour parler de la disparition des glaciers, et même dans la Tamise, en Angleterre, en pleine sécheresse. Cela fait quinze ans qu’il interpelle les décideurs, chefs d’État et multinationales, de la reine d’Angleterre au PDG de Coca-Cola : "Ils doivent comprendre qu’en 2022, ce n’est plus ce qu’on dit qui compte, c’est ce qu’on fait."

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