Amara Sy, la belle carrière d’un basketteur français qui prend sa retraite

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Le portrait d'un pré-retraité à qui il reste un ultime match à jouer : Amara Sy est basketteur et c'était mardi 10 mai sa dernière partie à domicile. Il lui en reste encore une à l'extérieur, avant de définitivement raccrocher. À 41 ans, il joue en pro depuis 22 années.

Article rédigé par
Franck Cognard - franceinfo
Radio France
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Temps de lecture : 2 min.
Conférence de presse d'Amara Sy de l'AS Monaco Basket à Monaco le 20 septembre 2018. (JEAN FRAN?OIS OTTONELLO / MAXPPP)

Ce n'est pas forcément sa longévité qui en fait un homme à l'histoire particulière. C'est plutôt tout le parcours d'homme qu'il y a derrière, et qu'il raconte dans une interview accordée au journal Le Figaro.

L'"Amiral" – son surnom – a grandi à Pigalle, pas celui des touristes, pas celui des bars branchés de la capitale, celui de la misère, des seringues, des rats, des prostituées qui lui laissent la monnaie quand il va leur acheter des clopes.

Logement insalubre de 20m² où tout la famille, sept personnes, vit et dort entassée. Papa et maman triment à faire le ménage, et même si "mes parents, dit-il, ont toujours fait en sorte qu'on ait des habits, qu'on mange", l'expulsion du taudis parisien va changer sa vie, en bien.

Amara Sy a beaucoup appris avec le basket de rue

Déménagement à Cergy, en région parisienne :"Il y avait des espaces verts, des fruits, c'était comme les vacances" se souvient-il. Il y avait aussi les playgrounds de basket, petits terrains bétonnés, où il joue, comme tout le monde, avec des chaussures trouées. Il y développe, selon Vincent Collet, le sélectionneur de l'Équipe de France, mobilité et motricité hors-normes. Amara Sy précise : "80% de ce que je sais faire a été appris sur les playgrounds." 

Vincent Collet a poussé pour qu'il joue avec les Bleus de Tony Parker et Boris Diaw. Mais le Parisien avait déjà donné sa parole à la sélection malienne, pays de ses parents. Occasion manquée ? Un peu, être international français, il le reconnaît, il aurait été traité autrement, avec plus de sponsors, de meilleurs contrats et un respect plus grand.

Peut-être alors aurait-on parlé d'Amara Sy en NBA... qui essuie trois essais, trois ratés. Ce n'est pas son anecdote américaine préférée. Il préfère se rappeler en souriant de son titre de champion du monde de "un contre un", à Los Angeles en 2004 où il bat une légende du basket de rue.

Aux États-Unis, c'était lui, l'inconnu, alors qu'en France, Amara Sy était déjà champion. En 22 ans de carrière, il a accumulé les titres collectifs et des récompenses personnelles. Au rayon clubs : Paris, où il joue aujourd'hui, Le Mans, Monaco, Athènes, et bien sûr l'Asvel, à Villeurbanne. Il y a fait quatre passages et le club lyonnais, désormais dirigé par Tony Parker, a décidé le 16 avril que, plus jamais, le numéro d'Amara Sy ne serait attribué. Ce soir-là, sur le parquet, Amara Sy a un peu pleuré. Talentueux et travailleur, pour ceux qui l'ont côtoyé, Amara Sy n'a aucun regret. Il a bien profité : 514 matchs, 4 815 points marqués. Aucun regret et une fierté : ses trois petits frères sont tous devenus basketteurs pros. Et ça, ça n'avait jamais été fait. 

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