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Union européenne : le remake hollandais

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Deux ans après son élection, François Hollande plaide à nouveau, dans un courrier adressé au président sortant du Conseil européen, pour "la croissance et le changement" en Europe. Cela rappelle son discours de président de la République nouvellement élu en 2012.
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Radio France
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L’intention n’a pas changé. Les uns applaudiront la constance du chef de l'Etat. D’autres, sa naïveté, ou son incompétence. Car si François Hollande est condamné à toujours réclamer la même chose qu’il y a deux ans, c’est qu’il n’a rien obtenu. Mais le président français considère que s’il ne change pas, on ne peut pas en dire autant du contexte. "Depuis deux ans, les bases d’un rebond ont été posées, il est temps de changer d’échelle, et d’ouvrir une nouvelle étape", estime François Hollande dans un courrier adressé au président sortant du Conseil européen Herman Van Rompuy.

Le contexte serait meilleur ? François Hollande pense pouvoir être mieux entendu cette fois-ci ? Il est vrai que jusqu’à présent, Angela Merkel s’est montrée assez imperméable aux arguments français. Mais outre le fait que la chancelière allemande dirige désormais une coalition avec les sociaux-démocrates, François Hollande a organisé un axe, au sein des sociaux-démocrates européens, avec notamment l’italien qui bouscule tout : Matteo Renzi.

Hollande craint que le malade meure ou agonise guéri

Le chef du gouvernement italien prendra la présidence tournante de l’UE le mois et prochain, et il envisage un changement radical des orientations européennes. Il s’en est expliqué aujourd'hui devant les députés. Matteo Renzi n’y va pas par quatre chemins : "l’Europe aujourd'hui, c’est de l’ennui, dit-il, elle est submergée de chiffres et privée d’une âme ." "La stabilité financière, sans croissance, devient de l’immobilisme  ", juge le leader italien.

Un discours qui n’est pas très éloigné de celui de François Hollande finalement. Sauf que François Hollande y met plus de formes. Il parle prudemment de "garantir une politique budgétaire équilibrée, (…) pour éviter que les politiques de compétitivité"  prolongent la "faible inflation"  pesant sur "les efforts de désendettement" . En clair, François Hollande craint que le malade meure ou agonise guéri.

Junker à la commission, contre des investissements

Cela ressemble quand même beaucoup à ce qu’il disait en 2012. Mais il pense qu’Angela Merkel et les "grands prêtres"  de l’austérité (selon le terme de Matteo Renzi) seront plus attentifs. Pour deux autres raisons. Un, la poussée des extrêmes en Europe. Et deux, leur désir de voir  leur candidat, Jean-Claude Junker désigné pour la présidence de la commission.

Ce serait le donnant donnant de François Hollande et des sociaux démocrates, Junker à la commission, contre des investissements afin de relancer la croissance en Europe, et un calcul plus souple des 3%. La règle et le chiffre resteraient, sauf que son calcul serait moins drastique. Il y a deux ans, François Hollande comptait sur sa force de persuasion. Aujourd'hui, il propose un deal. Cela se situe un peu plus dans la culture de ses partenaires.

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