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Rythme scolaire, du distingo entre constat et méthode.

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Vincent Peillon en ligne de mire cet après midi à l'Assemblée, jour de grève des enseignants. Le ministre de l'Éducation Nationale est la nouvelle cible de l'opposition, qui l'accuse d'avoir mal préparé sa réforme des rythmes scolaires.
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Radio France
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Nathalie Kosciusko-Morizet a porté le premier coup dans l'hémicycle
pour l'UMP. La presque candidate à la mairie de Paris accuse le ministre
de l'éducation d'avoir fait l'unanimité contre lui. Pourtant, précise-t-elle
avec une ironie mordante, le même constat était partagé par tous, les journées
des enfants sont trop chargées. Alors pourquoi cette opposition des enseignants, des parents
et des maires selon Nathalie Kosciusko-Morizet ? La faute à la méthode, la réforme est " imposée "
au lieu d'être " concertée " accuse  Nathalie Kosciusko-Morizet.

Ce dont se défend évidemment
le ministre de l'éducation, Vincent Peillon. La concertation aduré des mois.

Il y a deux façons de décrire la situation. La vision du verre à moitié plein, plus optimiste, celle de Vincent
Peillon. Les enseignants protestent contre cette réforme, qui touche
à leur organisation de vie. Mais ils finiront par entendre raison, par souci de
l'intérêt de l'enfant.

Les maires, ébranlés par les enseignants, sont malgré tout convaincus des bienfaits de
la semaine de 4 jours et demi. La réforme leur propose une application souple. Ils
finiront par trouver la plus adaptée à leur terrain. La réforme s'appliquera. En 2013 pour ceux qui veulent
bénéficier des incitations financières, en 2014 pour les autres.

Il faut que tout le monde "se décontracte "
estimait Vincent Peillon dimanche dernier. Mais il existe une analyse assez crispée des lieux. Le verre à moitié vide. La vision pessimiste, du point de
vue du gouvernement, mais qui est celle de l'opposition.

Les enseignants ne veulent pas entendre parler de cette
réforme. Leurs arguments portent sur les parents d'élèves, et les maires, qui
craignent de fâcher cette partie de l'électorat de gauche, et commencent un peu
à reculer, ou du moins à s'interroger.

Dans ce cas, la réforme Peillon parait bien mal partie.

"on est en train de la planter " confie un maire
socialiste, qui blâme le ministre pour son manque d'expérience sur le terrain.

Quoiqu'il en soit, ce
dossier semble en passe de se politiser...

Le ministère veut croire que les municipalités parviendront
à appliquer cette réforme, tout en notant que ce sont plutôt des villes de
droite qui rechignent et politisent le débat. C'est le sens de la réponse de Vincent Peillon à Nathalie
Kosciusko-Morizet cet après midi à l'Assemblée. Le ministre reproche à la députée UMP de vouloir instrumentaliser
le débat, au profit de son intérêt personnel.

Nathalie Kosciusko-Morizet réfléchit à sa candidature aux
municipales à Paris. Elle  voudrait donc
surfer sur le mouvement anti-réforme version Delanoë qui parcourt la capitale.

Les enseignants étant supposés être de gauche, il s'agirait
donc de refroidir leur mobilisation au prétexte qu'elle sert les intérêts de ceux qui ont (insiste Vincent Peillon) instauré
la semaine de 4 jours, réduit le nombre d'enseignants et supprimé leur
formation.

Le clivage droite gauche servira-t-il la réforme des rythmes
scolaires ? Pas si sûr.

Quand l'opposition se saisit d'un tel dossier,  c'est souvent parce qu'elle croit que le front
des mécontents est plus large que celui des soutiens à la réforme, ou plutôt que
la méthode crée plus de mécontents que de satisfaits.

 

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