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Redistribuer d'une main ce qui est pris de l'autre : l'équation invendable

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Le gouvernement a voulu stopper la litanie des fuites concernant son budget 2014. Il a anticipé l'annonce traditionnelle de la fin du mois, pour être plus compréhensible et convaincant. Le pari n'est pas vraiment gagné...
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Radio France
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Oui, c'est
le moins que l'on puisse dire, à entendre les premières réactions ce soir. Pourtant, il
y avait urgence à arrêter le flux des fuites... "anxiogène!"
explique le ministre des relations avec le Parlement. Alain Vidalies
justifie cette accélération par la nécessité de "mettre les choses au
point", face à ces informations qui tous les jours, annonçaient une
nouvelle taxe, la suppression de telle ou telle niche, l'augmentation de tel ou
tel impôt. La décision
a donc été  prise de dévoiler les grands
axes du budget 2014. Avec une
intervention impromptue du Premier ministre Jean-Marc Ayrault dans la cour de l'Élysée. Un
mot d'ordre : "la priorité reste l'emploi". Un mot d'ordre
conjugué à une formule vertueuse :  l'an dernier l'effort portait au deux tiers sur
la fiscalité, et pour un tiers sur les économies. En 2014, ce sera 80% d'économie,
assure Alain Vidalies. D'où l'annonce
de la suppression de certaines niches jugées trop arbitraires, pour redistribuer
ces sommes, de façon plus juste, envers les plus démunis.

Mais aussitôt faites, ces annonces suscitent
des réactions critiques.

Hé bien oui,
parce que même s'il s'agit de redistribuer, il y a bien prélèvement au départ,
et donc des mécontents. C'est une
donnée peu mathématique, mais très importante en politique. Quand vous
annoncez que vous enlevez, tous les gens concernés le comprennent immédiatement. Mais quand
vous annoncez que vous redonnez, ceux qui vont recevoir attendent d'être payés
pour voir. Entretemps, ils se rangent dans le camp de ceux auxquels il est
pris.

Sans parler du manque d'harmonie au sein de l'orchestre
gouvernemental, pour ne pas parler de couacs.

  C'est toujours
ce qui arrive quand vous accélérez, certains ne suivent pas. La taxe sur
le gazole par exemple. L'objectif
du gouvernement est de "remuscler l'appareil productif". il s'agit
d'aider les entreprises françaises à créer des emplois. Et de réduire l'effort
demandé aux ménages, effort qui continue d'exister, même si c'est pour une
partie seulement. Taxer le
gazole, comme le réclament les écologistes, ce serait charger la barque des
ménages. Cette piste est donc abandonnée. Ce qui ne
veut pas dire que le gouvernement renonce à verdir sa fiscalité,  comme promis avec la contribution climat, mais
à condition de ne pas augmenter la fiscalité...Vous allez
me dire que c'est bien subtil...

Enfin on a compris que le gazole ne sera pas
plus taxé...

Exactement !
C'est ce qu'on compris les écologistes également. Ils ont l'air
assez mécontents ce soir. Au point que le ministre de l'écologie, Philippe
Martin tente le rétropédalage pour expliquer que rien n'est arbitré pour le
gazole, alors que son collègue Alain Vidalies a clairement affirmé le
contraire. Toute
médaille ayant son revers, et inversement. La présentation en amont des grandes
lignes du budget 2014, engendrera peut-être quelques ajustements bienvenus dans
les prochaines semaines. Au lieu de
commenter ou démentir des rumeurs, le gouvernement pourra corriger son brouillon.

 

 

 

 

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