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Quand une institution européenne tire contre son camp

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José Manuel Barroso fait l'unanimité contre lui. Pour le président de la commission européenne, la position française sur l'exception culturelle est réactionnaire. Le propos est jugé injuste, mais il entretient également un malentendu néfaste sur le rôle de l'Europe.
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Radio France
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Un député UMP le certifie. L'exception culturelle ne relève pas d'une "conception
passéiste", il ne s'agit pas "d'une spécificité franco-française",
mais d'un combat d'avenir. Pour Franck Riester, il s'agit de défendre un modèle
européen. "La France n'est donc pas isolée", Jean-Marc
Ayrault l'assure, pas plus que le gouvernement qui est donc soutenu par l'opposition.

Haro donc, sur José Manuel Barroso !

Le président de la commission européenne a tenu un propos
désobligeant vis-à-vis de la France et de ses partenaires européennes. Le méchant est désigné, les gentils se reconnaissent, chacun
est à sa place.

Mais ce n'est pas si
simple. José Manuel Barroso n'est pas isolé non plus.

La négociation a été ardue pour la France,les tenants du libre échange ont multiplié les pressions. Jusqu'à une visioconférence au cours de laquelle, Barack
Obama a tenté de fléchir la position de François Hollande. Mais le président français a tenu bon, assurant qu'il ne
cèderait jamais là-dessus. Une fois l'accord péniblement obtenu entre européens, avec
ce petit mot,  "réactionnaire",

José Manuel Barroso a remis la pression sur les français.

Pour les négociateurs américains, le message est limpide, le
front européen est fragile. Sans compter le commissaire au commerce extérieur, Karel de
Gucht qui l'assure, l'exclusion de l'audiovisuel des négociations
n'est que temporaire. Autrement dit, les négociateurs européens, feront comme bon leur semble, et se
montreront réceptifs aux arguments US.

Intentions aussitôt contredite par Jean-Marc Ayrault, les
commissaires négocient sur la base d'un mandat. Ce mandat est renégociable,
certes, mais par les Etats, et la France maintiendra
sa position.

C'est un vrai bras de
fer entre l'exécutif français, et la commission européenne... On peut se demander
dans quel but.

Oui, puisque logiquement, le président de la commission
devrait adhérer et soutenir la position des européens, face aux américains. Au lieu de cela, il fragilise sa propre position de
négociateur, et se met à dos le monde de la culture dans toute l'Europe.

"Une erreur de taille, quand l'Europe est
contestée par les peuples " regrette une ministre impliquée dans le
dossier

Il est vrai que l'image de l'Europe n'est pas positive dans
les opinions. Elle apparaît plus comme une autorité arc-bouté ses choix, et
sa ligne. L'Europe n'est plus vraiment synonyme de progrès. Face à la crise, elle apparaît plus comme une obligation, qu'une
solution. Dans ce contexte, le président de la commission renforce le sentiment
que les institutions européennes imposent leurs vues, quelles que soient les
intentions des politiques, qu'ils soient chefs d'Etat ou de gouvernement, ou même
députés, puisque le Parlement européen avait validé l'exception culturelle.

A un peu moins d'un an des élections européennes, un constat
devient évident, le sentiment anti-européen gagne du terrain.

 

 

 

 

 

 

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