Présidentielle 2022 : Marine Le Pen sous le coup de nouvelles accusations de détournement d'argent public européen

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À une semaine du second tour de la présidentielle, Marine Le Pen a été rattrapée ce week-end par de nouvelles accusations de la part du Parlement européen.

Article rédigé par
Renaud Dély - franceinfo
Radio France
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Marine Le Pen, alors députée européenne du FN, au Parlement de Strasbourg le 9 septembre 2015 (/NCY / MAXPPP)

Un rapport de l’Office de lutte anti-fraude de l’Union européenne l’accuse d’avoir détourné 137 000 euros d’argent public entre 2004 et 2017. Une somme qui atteint 617 000 euros si l’on y ajoute trois autres eurodéputés RN. Ce rapport, qui date d’il y a un mois, a été révélé par Mediapart samedi 16 avril. Le Parlement européen a fait savoir hier qu’il allait exiger le remboursement de ces sommes. Évidemment, les élus du parti d’extrême droite, et notamment Louis Aliot qui est lui aussi visé, démentent et s’indignent d’une "boule puante" à quelques jours de la présidentielle.

Mais Marine Le Pen en a vu d’autres. Rappelons que la candidate d’extrême droite est mise en examen depuis trois ans et demi pour détournement de fonds publics dans l’affaire dite des assistants fictifs au Parlement européen. Une quinzaine d’autres responsables du RN sont eux aussi mis en examen. En gros, tous sont accusés d’avoir utilisé les fonds publics attribués par l’Europe pour financer leur activité politique en France, un préjudice estimé au total par le Parlement européen entre 5 et 7 millions et demi d’euros. Une somme colossale, l’argent des contribuables détourné pendant des années, tout cela aurait pu plomber Marine Le Pen, mais elle semble bénéficier d’une étrange indulgence de ses soutiens. Comme un indice de plus de la banalisation du parti d’extrême droite.

"Tête haute, mains propres"

Ce fut le slogan du FN pendant des décennies. Jean-Marie Le Pen puis sa fille n’ont eu de cesse de dénoncer ceux qu’ils appellent les "ripoux" de la politique et même "la Ripoublique". Le "Tous pourris", c’est un grand classique de l’extrême droite. Cette année encore, Marine Le Pen s’en donne à coeur joie pour qualifier Emmanuel Macron de "candidat McKinsey", du nom de ce coûteux cabinet de conseil américain consulté par l’Etat. Dans ce dossier, la seule enquête ouverte concerne les soupçons de fraude fiscale qui pèsent sur cette société. Ni le chef de l’Etat, ni aucun de ses ministres n’est visé.

À défaut de faire taire les rumeurs, la nouvelle accusation de détournement d’argent public qui pèse sur Marine Le Pen risque d’atténuer un peu la portée de ses charges anti-Macron sur le terrain des affaires ces prochains jours.

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