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Nicolas Sarkozy et la Syrie, un silence expressif

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L'an dernier, c'est sur la Syrie que Nicolas Sarkozy avait choisi de s'exprimer pour la première fois après son échec à la présidentielle. Cette année, il ne dit rien. Mais son silence a presque plus de poids.
Article rédigé par
Radio France
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 Souvent dans les commentaires politiques,
il est facile de parler d'un silence assourdissant. Ce n'est pas encore le cas concernant l'ancien
président de la République, mais on peut admettre que le silence de Nicolas
Sarkozy est assez expressif. Ses proches l'admettent, il reçoit
beaucoup rue de Mirosmenil, il est " très attentif " à l'évolution de
la situation. Mais le message s'arrête là.

Même indirectement, même par le biais de
propos chuchotés, Nicolas Sarkozy ne veut pas laisser dire qu'il porte le
moindre jugement sur son successeur. "La situation est assez confuse,
assez compliquée", confient les siens, il ne veut pas " gêner "
l'action de la France.

Finalement,

c'est ce silence qui gêne le plus François Hollande.

C'est vrai que si Nicolas Sarkozy sortait
de sa réserve pour dire (comme Alain Juppé) qu'il voterait en faveurd'une
intervention militaire en Syrie, le propos ne porterait pas tort à François
Hollande. Mais l'ancien président de la République
pourrait également, comme l'ancien Premier ministre, regretter que la France n'ait
pas été "assez active" sur le plan diplomatique, en soulignant "la
faillite catastrophique de l'union européenne". Sauf que Nicolas Sarkozy ne veut pas
entrer dans ce qui ressemble de près ou de loin à une polémique. Il n'en n'a pas vraiment besoin. Brice Hortefeux son fidèle, le rappelait
la semaine dernière, la seule fois où Nicolas Sarkozy est sorti officiellement
de son silence, c'st à propos de la Syrie. En août dernier, il réclamait déjà une
action rapide de la communauté internationale en Syrie, en notant des
similitudes entre cette crise et le dossier libyen, sur lequel il s'était
illustré.

**Nicolas

Sarkozy considère que les faits lui donnent raison, donc... **

La conclusion s'impose, de son point de
vue. Il est vrai que la méthode hollandaise n'a
rien à voir avec celle de Nicolas Sarkozy. L'ancien président savait "mettre
en scène" son action diplomatique, alors que pour François Hollande, le
faire savoir importe peu. Nicolas Sarkozy, qui reçoit actuellement
Jean-François Copé (à la demande, du président de l'UMP), devrait s'accorder
avec lui pour regretter que François Hollande n'ait pas voulu mettre en scène ni
une vaste consultation de l'opposition, qui aurait pu mieux s'impliquer derrière
la position française, ni une information solennelle des français, qui doutent
de l'opportunité d'une telle intervention..

Un manque

de communication dont semble prendre conscience l'Elysée aujourd'hui.

Hier François Hollande a promis de s'expliquer
sur sa décision, une fois qu'il aurait réuni toutes les données l'ayant forgée. Preuve que le chef de l'Etat ressent le
besoin d'information des français. Le débat parlementaire ne suffit plus
pour éclairer l'opinion. Si le suffrage universel investit le
président de la capacité à engager les forces armées de son propre chef, il l'investit
également d'une relation personnelle avec les français. Un lien qui l'oblige à
plus d'explications sur ses actions.

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