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Nathalie Kosciusko-Morizet, l'affranchie...

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Elle est sortie victorieuse d'une primaire laborieuse. Elle se lance à l'assaut de la capitale sans aucun état d'âme, malgré les réticences internes. Nathalie Kosciusko-Morizet était l'invitée de "questions d'info", sur La Chaîne Parlementaire, avec le Monde, l'AFP et France Info.
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Radio France
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C'est vrai qu'elle
est souvent décrite comme une personnalité complexe, hors code, dans un monde politique
si bien réglementé. Nathalie
Kosciusko-Morizet ne respecte pas forcément les usages, les rituels des
appareils. Elle a voulu des primaires, ouvertes, pour
dire qu'elle a été élue candidate, et non désignée par un parti politique.

  "Moi, je
n'avais pas envie du vieux système, la bonne vieille commission d'investiture,
les négociations, dans cette espèce d'entre-soi, ou entre états-majors des
partis politiques, ou encore pire, le système dans lequel c'est le sortant qui
désigne son successeur. Tout ça, c'est pour moi la vieille méthode. je pense
que ce vieux système-là, aujourd'hui, les Français n'en veulent plus.
"

 

Et Nathalie
Kosciusko-Morizet non plus. Elle s'est affranchie
de ces impératifs, la voici seule face à Anne Hidalgo. Car ses listes
ne seront constituées qu'à l'automne, même si Nathalie Kosciusko-Morizet choisira
son arrondissement  plus tôt, mais pour
viser plus haut.

 

"Pour moi, je vous l'ai dit, je l'annoncerai avant le
départ en vacances, avant le 14 juillet. Mais je voudrais dire quelque chose,
là-dessus, c'est que je suis candidate à la mairie de Paris. Donc je comprends
la question que posent les uns, les autres, sur les arrondissements. Et il y a
une part de curiosité bien naturelle, et encore une fois, j'y répondrai, mais
je le dis très clairement aux Parisiennes et aux Parisiens, je suis candidate
pour être maire de Paris.
"

Et celle qui
se voit future maire de Paris module ses attaques. Elle ne dénonce pas en bloc
le bilan revendiqué par sa rivale socialiste, mais elle critique quand même... On nous dit qu'il y a de nouvelles crèches. Mais dites, avec
huit milliards d'euros par an, heureusement qu'il y a quelques réalisations.
Mais je vais plus loin, avec 40 % d'impôts en plus, depuis 2001, avec une
augmentation de l'emprunt, qui sera une multiplication par quatre en 2014, on
est passé de 1 milliard en 2001 à 4 milliards en 2014.

Ça veut dire que vous arrêterez d'augmenter les
impôts ?

"Oui, ça, il
faut. il faut arrêter d'augmenter les impôts ".

Nathalie
Kosciusko-Morizet s'y engage, mais s'emploie surtout à accuser les hausses d'impôts
de l'équipe sortante, jusque dans le plus petit détail. 40%, en moyenne, mais
cela va bien plus loin dans certains secteurs jusque là inconnus.

 

"ça, c'est une moyenne, parce que vous avez certains
impôts qui ont été carrément sextuplés. Par exemple, la taxe sur le balayage,
vous savez, c'est une taxe que l'on paye dans certaines situations, au mètre
linéaire. Avant, il y avait plusieurs catégories. La plus faible, c'était 1,22
euros le mètre linéaire, et puis la plus élevée, c'était 7 euros et quelques.
Alors, la municipalité avait annoncé que pour homogénéiser, ça allait coûter
pareil partout. Sauf que l'on a homogénéisé, devinez comment ? Par le
haut. Tout le monde a payé 7 euros et quelques.
Mais par an ? Oui, mais si
vous voulez, ça fait des sommes.
 "

 

De un euro 22
à 7, cela fait une hausse de 600% pour le mètre de balayage, selon Nathalie
Kosciusko-Morizet, qui veut ainsi le démontrer, rien de la vie municipale
parisienne ne lui est inconnu. Mais l'ancienne
ministre, ancienne porte parole de Nicolas Sarkozy n'oublie pas la politique nationale
pour autant. La hausse du Front
National, qui bouscule l'UMP et le PS, c'est le fruit d'une déception signée François
Hollande.

 

Ce qu'il s'est passé à Villeneuve-sur-Lot, c'est un peu
le fait de l'affaire Cahuzac, mais c'est aussi le sentiment qu'il n'y a pas
d'issue, c'est la suite de toutes les promesses de François Hollande pendant la
campagne présidentielle, quand on dit qu'il n'y a pas de crise, que le problème
c'est Nicolas Sarkozy, et que Nicolas Sarkozy est parti, donc il n'y aura plus
de problème. il y a un candidat Père-Noël qui, pendant les élections, promet
n'importe quoi, qui, en mai et juin, pour gagner les élections législatives,
fait quelques cadeaux et qui après, provoque une immense déception
."

 

 

Nathalie
Kosciusko-Morizet maintient cependant qu'elle ne renvoie pas dos à dos FN et PS,
contrairement à l'UMP de Jean-François Copé qui prône le " ni ni ". D'une
polémique nationale à une controverse locale, Nathalie Kosciusko-Morizet est
sur tous les terrains, mais à sa façon.

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