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Mariage pour tous : pour qui le boomerang ?

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L'opposition au mariage pour tous se radicalise... surtout dans la rue. Car l'UMP apparaît un peu débordée par certains manifestants. Et le gouvernement en appelle au respect de la démocratie, tout en accélérant le calendrier.
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Radio France
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Les socialistes sont sur la défensive, mais ils espèrent en
avoir bientôt fini avec ce texte, dont l'examen se poursuit depuis de longues
semaines. Le débat devrait s'achever d'ici le week-end. Le vote
solennel devrait intervenir mardi. Après quoi, les socialistes en sont toujours convaincus, en France
comme dans d'autres pays d'Europe ayant adopté le mariage gay, une fois le
texte voté, la tension s'apaisera, et ces unions se banaliseront. Ces dernières manifestations ne constitueraient donc qu'un
mauvais moment à surmonter. Le gouvernement cherche désormais à distinguer entre les simples
opposants, qui expriment leur désaccord et qu'ils respectent, et des groupes
radicaux, décidés à bousculer les institutions.

François Hollande en appelle au "respect de la
démocratie", et "dénonce les actes homophobes et les violences."

Une mise en garde directement adressée aux dirigeants de l'UMP,
pour qu'ils se dissocient de ces attitudes.

Un avertissement entendu
par Jean-François Copé.

Le président de l'UMP " condamne les actes d'homophobies ".
Il " accuse la gauche de les instrumentaliser pour délégitimer les
opposants. "Car Jean-François Copé voit venir le boomerang, après les échauffourées
organisées par ces groupes radicaux. A l'Assemblée nationale, la violence se cantonnait à des
dérapages verbaux.

Comme celui de Philippe Cochet aujourd'hui, accusant les
pro-mariage "d'assassiner les enfants".

Après le correctif de l'ancien ministre Patrick Ollier,
jugeant le propos inapproprié, le député UMP a rectifié, il voulait parler de
la "fragilisation de l'enfant ". Dans la rue, les dérapages sont impossibles à corriger. Ils peuvent
susciter des actes homophobes. Les extrémistes vantent désormais "un
printemps français"
, une insurrection en d'autres termes, dont même
Frigide Barjot se dissocie.

Mais un autre
boomerang peut également atteindre le gouvernement.

C'est l'analyse de François Bayrou. Le centriste estime que
l'accélération du calendrier a attisé les tensions, et permis cette dégradation
du climat. Mais pour que le boomerang frappe sa cible de gauche, il
faut que la droite l'y aide résolument.

Or, le front de droite se divise à l'Assemblée. Les plus
modérés, dont les centristes de l'UDI, ne jugent pas opportun de promettre l'abrogation
de cette loi, en cas de retour au pouvoir. Le parti de Jean-François Copé n'apparaît plus très à l'aise
par rapport à cette radicalisation en forme d'insurrection violente. Quel parti
de gouvernement le serait d'ailleurs ?

C'est sur ce paradoxe que mise le pouvoir de gauche, mais
aussi sur la crainte des débordements brutaux, pour freiner les ardeurs de ceux
qui, jusque là, manifestaient en famille.

 

 

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