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Les socialistes : à défaut de s'aimer, ils se parlent

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Les socialistes semblent décidés à mettre leurs querelles en sourdine, à 12 jours du premier tour d'une élection départementale qui s'annonce catastrophique pour la majorité, meeting commun, rencontre au sommet de l'État : les signes de détente se multiplient, non sans arrière-pensées.
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Radio France
Publié Mis à jour
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 (Louise Bodet © Radio - France Christophe Abramowitz)

C'était il y a trois semaines tout juste : les socialistes frondeurs et les écologistes menacent de voter contre le projet de loi Macron et Manuel Valls sort l'artillerie lourde. Résultat, un 49.3 qui traumatise les troupes socialistes et fait vaciller encore un peu plus une majorité déjà très étriquée. 15 jours plus tard, changement de ton, Manuel Valls s'apprête à faire estrade commune avec la patronne d'Europe Ecologie les Verts (EELV), Emmanuelle Cosse. Ç'est prévu lundi prochain dans l'Essonne,un frondeur particulièrement virulent, Jérôme Guedj, sera aussi sur la photo. Des frondeurs socialistes qui, depuis 15 jours, annoncent qu'ils vont être reçus par François Hollande. Un dîner, un apéro : en tout cas, la rumeur court. Aux dernières nouvelles, ce rendez-vous à l'Elysée est fixé mercredi soir.

Remaniement post-électoral

Pourquoi ce réchauffement diplomatique ? Du point de vue de François Hollande, il s'agit de favoriser le rassemblement de la gauche, indispensable dans la perspective de la présidentielle de 2017 or les verts sont absents du gouvernement depuis avril dernier et les socialistes sont, on l'a vu, très divisés. Une ouverture à toutes les composantes de la majorité pourrait intervenir à l'occasion d'un remaniement gouvernemental. Ce changement de casting au sommet de l'État aura-t-il lieu dès après les départementales ? Certains proches du président sont pour, d'autres lui conseillent d'attendre les élections régionales à la fin de l'année. Quant à François Hollande il consulte. Beaucoup et il reçoit tout le monde.. 

Des frondeurs moins virulents

Ça tombe bien : les frondeurs semblent beaucoup mieux disposés à l'égard de l'exécutif. En tout cas, certains d'entre eux.. Exemple, le député aubryste Jean-Marc Germain, l'une des figures de la fronde à l'assemblée. Il se dit aujourd'hui partisan d'un contrat de majorité mêlant les différentes sensibilités socialistes, radicales et écolo. Bref, il est prêt à entrer au gouvernement et dit grand bien de Manuel Valls, tout en assurant, en gage de bonne volonté, qu'il se serait contenté de s'abstenir sur la loi Macron s'il y avait eu vote et non 49.3.

Agacement à l'Élysée

Des mots doux accueillis avec une pointe d’agacement à l'Elysée. Ainsi l'entourage du président se refuse à confirmer un rendez-vous entre François Hollande et les frondeurs. Oui, il y aura sans doute un "apéro" mercredi soir à l'Elysée mais comme d'habitude et parmi la dizaine de convives, il n'y aura pas que des frondeurs. "Le président reçoit tout le monde", nous dit-on. Il y a eu plus de 50aine d'apéros ces six derniers mois, les mardi et mercredi. François Hollande a par ailleurs déjeuné aujourd'hui avec les responsables du groupe socialiste à l'Assemblée. Bref, "tout le monde ferait mieux de faire campagne pour les départementales, et de penser un peu moins à ce qui va se passer après les élections". En d'autres termes, l'Élysée ne veut pas que la rencontre soit instrumentalisée par des frondeurs accusés de mener des petits jeux tactiques. "La politique c'est l'art de l'instant présent, et ces gens-là sont des artistes"   tacle un membre du gouvernement.

Tempête chez les écologistes

À gauche, le calme est donc trompeur et c'est même la tempête chez les écologistes. Entre ceux qui veulent revenir au gouvernement et ceux qui y sont opposés, le fossé se creuse. Interviewée hier dans Libération, Cécile Duflot écarte cette éventualité et veut oeuvrer à l'émergence d'une nouvelle force politique. réponse, singlante, du co-président du groupe écolo à l'assemblée François de Rugy :  "On n'en attendait pas moins d'elle" . Il accuse l'ex-ministre écolo du gouvernement Ayrault de signer "l'acte de décès" de son propre parti et appelle, lui, à un nouveau rassemblement de la majorité gouvernementale pendant que le sénateur Jean-Vincent Placé multiplie les offres de services à Manuel Valls. Les écolos sont donc menacés de scission, pendant qu’au PS  les jeux tactiques vont bon train, qui pour entrer au gouvernement, qui pour se placer en vue du congrès du parti en juin à Poitiers.. sachant que toutes ces cartes seront rebattues dans 12 jours dans les urnes, et que ça s'annonce violent..

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