L'édito politique, France info

les polémiques politiques cachées par l'UMP

L'info politique ce soir, c'est encore et toujours la bataille Copé Fillon à la tête de l'UMP. L'élection de Jean-François Copé à la présidence du mouvement a été confirmée par la commission des recours de l'UMP. Une commission que François Fillon ne juge pas légitime. Nous allons en reparler, mais cela fait maintenant une semaine que l'UMP occupe de l'actualité politique. Au soulagement sans doute de la majorité de gauche.

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C'est un peu la
chronique des sujets politiques auxquels vous avez échappé! Car la vie politique
continue, en dehors de l'UMP, et elle n'est pas un chemin de roses pour la
gauche.

Dernier couac en
date, celui d'Arnaud Montebourg: Le ministre du
redressement productif a usé d'une formule assez malheureuse concernant la
famille Mittal, en disant qu'il ne voulait plus de Mittal en France. Ce qu'Arnaud
Montebourg voulait dénoncer, c'est une méthode, pas des personnes. Mais c'est bien
la famille qui se sent visée. Le groupe dénonce des déclarations assez
violentes par rapport à un groupe qui emploie 20 000 personnes en France.

A la veille de la
rencontre entre François Hollande et Lakshmi Mittal, il rappelle que dans le
rapport de force qui peut se jouer avec l'Etat français, il pèse 20 000 emplois.
Pas de quoi lui tenir la dragée haute. Arnaud Montebourg
s'est pour le moins montré très maladroit.

Mais ce n'est le seul, François Hollande lui-même
commet des maladresses.

C'était la
semaine dernière au salon des maires. Une petite phrase improvisée sur la
liberté de conscience des maires. Un terme qui a fait bondir. François Hollande
s'est recadré lui-même, en recevant aussitôt des associations défendant le
mariage pour tous, afin de leur expliquer qu'il ne s'agissait pas d'un recul.

Toute engluée dans
ses brouilles internes, l'UMP n'a pas pu intenter à François Hollande le procès
en incompétence et amateurisme dont elle est coutumière. L'argument a
perdu de son poids ces derniers jours.

Autre sujet polémique mis en sourdine, l'aéroport
Notre Dame des Landes, investi par les forces de l'ordre.

  Un dossier qui
pourrait fragiliser Jean-Marc Ayrault ; tant les opposants personnalisent
ce dossier. Sa méthode pourrait être contestée par l'opposition, mais là, ce ne
sont pas les déboires de l'UMP, mais le fait que sur le plan local, l'opposition
approuve globalement ce projet. Nous pourrions
aussi parler de l'Europe, qui peine à trouver son financement, avec un couple
franco allemand soumis à rude épreuve..

 

Mais l'UMP occupe toujours le devant de la
scène, Jean-François Copé a été proclamé président de l'UMP ce soir...

C'est la seconde
fois. Cette fois-ci, selon le décompte de la commission des recours de l'UMP,
son avance a décuplé, il passe de 98 à 952 voix d'avance. Pour Jean-François
Copé, la page est tournée. Ce soir, il en appelle à l'apaisement. Il propose un
comité paritaire et tend la main à François Fillon. Lequel, par la
voix de Jérôme Chartier ne juge pas ce résultat plus légitime que la commission
des recours qui le prononce. Le blocage est
donc total
.

 

Que va-t-il se passer maintenant ?

La stratégie de Jean-François
Copé est claire. Il va remplir son rôle de président, tendre la main aux vaincus,
les encourager au pardon par une réforme des statuts et des postes dans une
direction revue et corrigée. Jean-François Copé va surtout mobiliser les
militants et resserrer les rangs par la recette la plus classique, taper sur l'adversaire.

La stratégie de François
Fillon est moins claire. Il ne reconnaît pas Jean-François Copé comme président
de l'UMP. Mais le reste n'est pas encore écrit. Va-t-il continuer à lutter de l'intérieur,
à l'extérieur, par la justice ? une réunion aura lieu de main matin pour
en décider.

 

Et Nicolas Sarkozy ?

L'ancien président
de la République a déjeuné avec François Fillon, et s'est entretenu au
teléphone avec Jean-François Copé. Il ne veut pas se mêler de cette querelle,
mais s'inquiète de l'avenir de l'UMP. Les prochains
épisodes pourraient obliger l'ancien patron de l'UMP à sortir de sa réserve.A un certain
degré de dispute, qui ne dit mot consent. S'il ne dit mot, Nicolas Sarkozy aura
consenti à ce qu'il adviendra de l'UMP dans les prochaines semaines. Si c'est
le chaos, il sera peut-être trop tard pour tenter d'incarner un recours.

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