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Législative dans le Doubs : soulagement au PS, cacophonie à l’UMP

Dans le Doubs, le second tour de la législative partielle opposera le candidat socialiste à la candidate du Front National. L'UMP est éliminée.

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Le candidat socialiste sera présent dimanche prochain au second tour de la législative partielle visant à pourvoir le siège de Pierre Moscovici. Il affrontera la candidate du Front national. L'UMP est pour sa part éliminée. Au lendemain du premier tour, trois mots résument les réactions politiques : satisfaction au FN, soulagement au PS et cacophonie à droite.

Choisir ou ne pas choisir au second tour entre le PS et le FN : le choix cornélien auquel est confronté l’UMP n’a rien de nouveau. En 2011 Jean-François Copé, alors patron de l'UMP, inventait le "ni ni", " ni front, ni parti socialiste", un non choix qui sonnait le glas du front républicain. Ce "ni ni" est une ligne aujourd'hui majoritaire. Nicolas Sarkozy devrait la réaffirmer mardi soir à l'occasion d'un bureau politique de l'UMP. La gauche, elle, va dénoncer un nouvelle entorse à l'unité nationale post attentats. Et surtout, cette ligne est d'ores et déjà contestée en interne.

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Contestation certes minoritaire, mais émanant tout de même de la numéro 2 du parti, Nathalie Kosciusko-Morizet. Les positions anti-FN de la députée de l'Essonne sont connues. Elle revendique sa liberté de parole et annonce qu'à titre personnel, elle voterait socialiste. A l'opposé, le numéro 3 du parti Laurent Wauquiez choisit le vote blanc, lui aussi à titre personnel. Et entre les deux, on assiste à toutes les nuances de "ni ni", à titre "personnel" bien sûr.

Certains, plus prudents, attendent pour se prononcer. Ainsi Alain Juppé a annulé une réaction promise aujourd'hui aux journalistes bordelais. Résumé - un brin embarrassé - du porte-parole de l'UMP Sébastien Huyghe : "l'UMP n'est pas un parti caporaliste, il y aura demain soir une position collégiale, mais pas forcément unanime".

Désaccords à l’UMP, autorité de Nicolas Sarkozy écornée

Le rassemblement de sa famille politique, c'est le principal défi que s'est lancé Nicolas Sarkozy. Il a jusqu'ici réussi à pacifier l'UMP, mais en coulisses, rien n'est oublié de l'échéance présidentielle de 2017 et beaucoup fourbissent déjà leurs armes. Dans ces conditions, le fait d'attendre 48 heures pour délivrer une consigne de vote, ou de non vote, c'est beaucoup. Trop peut-être. Cela laisse en tout cas le temps à ses numéros 2 et 3 de s'écharper en public.

Par ailleurs, Nicolas sarkozy s'est donné comme objectif de rétablir son image de rempart anti-Front National : ou comment siphonner de nouveau l'électorat du FN, comme il l'avait fait en 2007. Cette reconquête est un sujet crucial, à un mois et demi des départementales et doit justement être abordée samedi lors d'un conseil national de l'UMP.  

La gauche appuie là où ça fait mal

"L'unité des républicains doit s'imposer" a déclaré ce lundi après-midi Manuel Valls. Le premier ministre a beau jeu de rappeler que "la gauche, quand elle s'est retrouvée au moment où il fallait choisir entre la droite et le Front National, notamment en 2002, a toujours été très claire, elle a toujours appelé à voter pour le candidat républicain". Façon de placer l'UMP face à ses contradictions. Des contradictions qui existent aussi au sein du Parti Socialiste, où le front républicain est également contesté.

Le Parti socialiste, entre soulagement et prudence

Prudence, car rien n'est acquis, dimanche dans le Doubs et surtout fin mars lors des élections départementales. Mais un socialiste au second tour d'une partielle, c'est suffisamment rare pour être souligné. Depuis 2012, le PS a essuyé douze défaites en treize scrutins et pas moins de 6 éliminations dès le premier tour. C'est la fin d'une série noire, espère-t-on rue de Solférino, où l'on craignait il y a encore deux jours une nouvelle mise hors-jeu.

Selon une ministre, "le climat a changé, les socialistes sont plus confiants. Il ne s'agit pas de renverser la table, mais d'avoir des militants et des candidats mobilisés pour limiter la casse. Les équipes et les candidats sont reboostés, voilà ce que révèle l'élection dans le Doubs". 

"Si on se bat bien, la victoire est au bout dimanche prochain",  veut croire le monsieur élections du PS Christophe Borgel. Et pour les départementales, certains se prennent à rêver d'un score nettement plus favorable que ce qui était escompté avant Noël, à savoir le maintien de la gauche à la tête de 15 à 25 départements, contre 60 aujourd'hui. Mais attention, les sondages donnent toujours le PS derrière le FN et l'UMP. L'abstention a été forte dimanche, elle le sera peut-être aussi fin mars. L'éparpillement à gauche est d'autant plus problématique et les socialistes vont examiner avec soin les candidatures, dont le dépôt sera officiellement clos le 16 février.

Effet post-attentats ?

Beaucoup au PS datent ce regain de confiance d'avant Noël, mais tous reconnaissent que le sans-faute réalisé par l'exécutif dans la gestion des événements a été déterminant. "Le regard sur le Président a changé, et c'est définitif, selon un poids-lourd du gouvernement. Le personnage et la fonction se recouvrent de mieux en mieux. Du coup à gauche, il y a une forme de fierté accompagnée d'un soulagement. On retrouve le président qu'on a élu".

Des propos très optimistes. Quoi qu’il en soit, l'exécutif retrouve clairement des couleurs, au point de réapparaître sur les podiums de campagne pour la première fois depuis longtemps. L'heure est à la nationalisation des élections. Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve sera mercredi dans le Doubs aux côtés du candidat socialiste. Manuel Valls devrait y retourner, sans doute jeudi, comme si le soutien du gouvernement redevenait électoralement payant.

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