Cet article date de plus de huit ans.

La majorité cherche toujours son équilibre

écouter (5min)
"La moitié des investissements d'avenir seront consacrés à la transition écologique" selon Jean-Marc Ayrault. Cette annonce peut rassurer les verts rassurés. Ce qui ne fera pas de mal à une majorité qui tire toujours à hue et à dia.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
 (©)

Après les accusations de Delphine Batho, le gouvernement avait bien besoin de reverdir son blason.  Rendue amère par un limogeage qu'elle n'envisageait pas, l'ancienne
ministre de l'Écologie
s'était vengée en appuyant là où cela fait mal dans la majorité :
le manque d'entrain écologiste, et la rigueur budgétaire.

En matière de dramatisation, l'ancienne ministre socialiste,
s'était montrée plus alarmiste 
que les verts eux-mêmes. Pour elle, le gouvernement avait abdiqué face aux lobbyistes
anti écolos. Les écologistes avaient dû un peu surjoué leur inquiétude.

Une brève réunion de crise, le temps d'une soirée au
ministère de Cécile Duflot, avant de décider de rester au gouvernement, mais en
menaçant de le quitter si leurs préoccupations n'étaient pas au rendez-vous des
investissements d'avenir. Et, oh surprise, moins d'une semaine après, Jean-Marc
Ayrault l'annonce, plus de la moitié de ce plan de 12 milliards est consacré
aux attentes des verts.

Delphine Batho se serait trompée ou elle a eu raison trop tôt ?

 Peut-être qu'elle a crié
avant d'avoir mal, ce qui n'exclut pas la sincérité. Elle préfèrera sans doute
croire que son cri a porté ses fruits. En tout cas, les écologistes peuvent se targuer d'un
certaine considération au sein du gouvernement.

 Pascal Durand, le
numéro un d'Europe-Ecologie-Les-Verts avait été reçu par le Premier ministre lundir
matin, tandis que le sénateur Jean-Vincent Placé, connu pour ses sorties acerbes
contre la frilosité verte de l'exécutif bénéficie d'un entretien en bonne et
due forme avec François Hollande à l'Elysée.

Les verts sont
rassurés  mais pas l'aile gauche du PS

C'était le deuxième axe des critiques de Delphine Batho, le
tournant de la rigueur, opéré selon elle, par le gouvernement. Critiques reprises par l'aile gauche du PS, qui s'insurge contre
la réforme des retraites projetée par le gouvernement. Ce n'est pas le moment protestent ceux qui, au PS, réclament un changement de
ligne.

Pas question, la ligne est la bonne réplique Stéphane Le
Foll, l'un des ministres les plus proches de François Hollande. Tout en le
concédant : "Il y a quand même quelque chose à changer, c'est le discours ". " Il faut que nous parlions plus fort, que ceux qui
nous critiquent, y compris dans notre propre camp
 ", constate Stéphane Le
Foll.

Le ministre de l'Agriculture a raison. la majorité apparaît bancale,
ceux qui critiquent sont plus entendus que ceux qui composent. Les frondeurs sont
mieux considérés que les disciplinés. La mésaventure de Delphine Batho en témoigne. Tant qu'elle bataillait en interne, la bonne élève était
moquée pour sa discrétion.

Les écologistes, plus persifleurs étaient jugés plus
influents.  Arnaud Montebourg, le rebelle, est réputé invirable. Moins, en tout cas, que le pacifique Pierre Moscovici.

Le déséquilibre de la majorité provient peut-être de ce
paradoxe, les récalcitrants y sont mieux traités que les dociles. À moins que le limogeage de Delphine Batho marque une
nouvelle jurisprudence.

L'insoumise en colère a été virée, les fortes têtes polies
restent, et peuvent se sentir considérées.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.