L'édito politique, France info

La formule du jour : "L'esprit du 11 janvier"

Les deux têtes de l’exécutif, François Hollande et Manuel Valls, semblent avoir trouvé une formule magique : c’est l’esprit du 11 janvier.

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Et l’esprit du 11 janvier se décline à l’envi. Avant de vous expliquer ce que cela devient dans les paroles du chef de l’État ou du Premier ministre, c’est, il faut le rappeler, près de quatre millions de Français dans les rues contre le terrorisme, contre la barbarie. L’esprit du 11 janvier, c’est aussi ce qui a fait décoller le couple exécutif dans les sondages et c’est désormais ce qui semble guider chacune de leurs actions.

Ce mardi matin, le chef de l’État a parlé, sur ces bases, d’amplifier les réformes de son gouvernement. C’est ce qu’il appelle depuis plusieurs semaines déjà : "l’audace réformatrice". Une audace qui lui permet d’envisager des réformes qui semblaient encore impossible il y a quelques semaines. C’est le cas de la réforme du Conseil supérieur de la magistrature pour assurer l’indépendance de la justice. Cela faisait partie de ses engagement de campagne en 2012. Mais il faut, pour cela, que les 3/5èmes des assemblées soient d’accord. François Hollande espère désormais que l’union nationale, cette union post-attentats, permettra de faire adopter cette réforme.

C’est nouveau, sans être nouveau

Le chef de l’État espère dérouler un programme qui date d’avant les attentats. Il a simplement l’opportunité unique et inédite de se relancer. Il fait exactement la même chose quand il veut pousser la réforme du dialogue social. Voilà ce qu’il a dit mardi midi : "L’esprit du 11 janvier doit désormais inspirer notre action dans la durée… Ce qui exige de nous de repousser les vieilles querelles et les polémiques inutiles autour des réformes indispensables."  C’est très clair, il demande aux partenaires sociaux et au patronat de discuter au nom de l’unité nationale. Ce projet de réforme était bien sûr lancé bien avant les évènements, il y a deux semaines.

Il y aura quand même du nouveau mercredi avec l’annonce de nouvelles mesures de sécurité. Finalement, l’esprit du 11 janvier s’applique plus naturellement. D’ailleurs, c’est assez intéressant de voir que la majorité reprend des idées de l’opposition. La peine d’indignité nationale. Les députés socialistes vont reprendre l’idée. Manuel Valls confie qu’il n’est pas contre. "Il n’a rien contre les symboles ", c’est ce qu’il a expliqué après ses vœux à la presse mardi midi.

Manuel Valls espère que la politique va évoluer

D’une manière plus générale, Manuel Valls espère qu’il y aura plus souvent des points d’accords avec l’opposition et aussi une autre façon de se parler. Bref, il espère que la politique va évoluer. Il prend en exemple le service civil sur lequel vont travailler les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat. Droite et gauche ensemble pour envisager un nouveau service. Un service civil obligatoire de trois ou quatre mois. Droite et gauche seraient d’accord sur ces principes. Le président des députés PS va déposer très vite une proposition de loi.

Dans le même esprit, probablement, il y aura aussi des mesures pour l’école, pour les quartiers. Pour répondre à ce que Manuel Valls a qualifié mardi midi d’"apartheid territorial, social et ethnique". Cela dit, le Premier ministre semble déjà bien mesurer les limites de cet esprit du 11 janvier. " Si on manipule les français à des fins politiques …", a-t-il expliqué à France Info,  "ils vont très mal réagir et ils auront bien raisons… " C’est comme toujours en politique. On ne peut jamais rien faire,  même quand ça ne le mérite pas et il ne faut jamais en faire trop.

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