Cet article date de plus de huit ans.

François Hollande s'affirme de plus en plus social démocrate

écouter (5min)
D'après de premiers sondages, François Hollande n'a pas vraiment convaincu hier soir sur France 2. Pourtant 8 millions de personnes l'ont regardé. Ses adversaires le trouvent toujours aussi hésitant, et pourtant son positionnement a évolué, sur l'échiquier politique.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
 (©)

Dans un premier temps, l'intervention
de François Hollande se résume en deux points : il garde le cap, et
rassure sur ses intentions de justice sociale. A y regarder de plus près,  le chef de l'Etat a surtout renforcé sa
posture de Président, et de Président social-démocrate. Le Président, c'est le chef de
bataille, qui revendique sa mise en ordre de bataille personnelle. L'ancien premier secrétaire,
homme de la synthèse entre courants, avait eu du mal à se couler dans la
posture individualiste imposée par  l'élection
au suffrage universel direct d'un homme, porté par un parti et non l'inverse (un
parti qui porte un homme).

Hier, comme tous ses
prédécesseurs sous la Cinquième, François Hollande a assumé et même revendiqué
ce "moi, je" élyséen.

Les problèmes de la majorité,
les couacs et les  indisciplines, il les
balaie du revers de la main. A l'entendre, les auteurs de ces incartades sont
des spectateurs... "Qu'ils le restent ! " esquive François
Hollande. Lui, il est acteur. Acteur d'une politique qui s'exprime
loin de ces querelles partisanes. Pas  un mot de plus sur l'attitude de la gauche
critique, qu'elle soit du Front de gauche ou qu'elle vienne de l'intérieur du PS.

Un peu comme si François Hollande se souciait assez peu de ces
critiques.

Il n'a pas fourni beaucoup d'efforts
pour les contrer d'ailleurs. La taxe à 75% demeure, certes,
mais elle sera assumée par les entreprises. Des entreprises qui, précise François
Hollande, feront sans doute en sorte de ne pas avoir à payer cette taxe en évitant
les rémunérations supérieures à un million d'euros. Le symbole demeure, mais
vraiment au titre du symbole.

François Hollande n'a pas donné grand-chose
à moudre à la gauche du PS.

Il ne donne pas grand-chose non plus sur sa droite non plus.

Pour ce qui concerne la droite
qui réclamait un changement de cap radical, c'est certain, la réponse de François
Hollande est insuffisante. Mais pour une droite modérée,
centriste, qui se distingue des années Sarkozy, François Hollande met en avant
un mot qu'il assume désormais, celui de rigueur. Pour atténuer ce revirement, il
oppose sa rigueur, supposée vertueuse, à l'austérité, qu'il juge porteuse de
populisme. Ce qui lui vaut les
applaudissements de moins en moins distanciés de François Bayrou, et en retour,
la colère (teintée de dépit) de Jean-Louis Borloo qui évoque l'idée d'une
dissolution.

François Hollande se serait donc rapproché du centre aux dépens de la
gauche de la gauche ?

C'est une lecture possible, sur
laquelle s'interrogent d'éminents socialistes. François Hollande a clairement
dévoilé une tendance sociale démocrate, qui se vérifie dans sa volonté de
privilégier la négociation avec les partenaires sociaux, qu'il s'agisse des
retraites ou des allocations familiales. Dans un premier temps, ce
positionnement, discret pour l'instant, renforcera les critiques des opposants
de gauche à François Hollande. Sachant que ses rivaux de droite
ne désarmeront pas, François Hollande mise visiblement sur le moyen ou le long
terme. Seule la croissance qu'il dit rechercher activement peut le sortir de l'ornière.

 

 

 

 

 

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.