EDITO. Présidence des Républicains : quels enseignements tirer de la campagne ?

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Les Républicains désignent ce week-end leur nouveau président. Le premier tour de ce scrutin interne intervient à l’issue d’une longue campagne de près de trois mois. A-t-elle permis de clarifier le positionnement de LR ? L'édito politique de Renaud Dély.
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Radio France
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Les trois candidats à la présidence des LR, Aurélien Pradié, Éric Ciotti, Bruno Retailleau (de gauche à droite) réunis le 17 septembre 2022 au meeting de rentrée de la fédération des Bouches-du-Rhône à la Ciotat. (FREDERIC SPEICH / MAXPPP)

Les Républicains sont un parti de droite ! Vous me direz, ce n’est pas un scoop, mais là c’est vraiment net, très très net. Et ça l’est devenu de plus en plus au fil d’une compétition qui a tourné à la surenchère droitière. En la matière, le député des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti avait une longueur d’avance. Sur l’immigration, il répète par exemple qu’il veut abolir le droit du sol pour instaurer celui du sang. Ses deux concurrents n’ont pas voulu être en reste. Le chef de file des sénateurs LR, Bruno Retailleau souhaite que la France s’affranchisse de la cour européenne des droits de l’homme et organise un référendum sur l’immigration. Et même le député du Lot Aurélien Pradié, soit disant plus modéré, s’est fait remarquer en envisageant l’interdiction du port du voile dans la rue et en prônant à l’inverse l’obligation du port de l’uniforme à l’école et jusqu’à l’université.

>> Eric Ciotti, Aurélien Pradié, Bruno Retailleau : on vous présente les trois candidats à la présidence de LR

Cette évolution peut-elle nuire aux Républicains ? Sans doute. D’abord parce que du côté de la droite extrême, l’horizon est bouché par la présence du Rassemblement National. Rappelons que Marine Le Pen a obtenu 5 fois plus de voix que Valérie Pécresse et le parti d’extrême droite a 37 députés de plus que LR. On voit mal ce qui reste de LR aspirer le RN, l’inverse en revanche peut finir par se produire. Et puis, à force de se replier sur un pré carré radicalisé, les Républicains ont délaissé un vaste espace politique au centre et au centre droit. Bruno Le Maire, Gérald Darmanin, Edouard Philippe et bien d’autres, nombre d’élus ont déjà rallié Emmanuel Macron et d’autres pourraient le faire prochainement.

La majorité espère des ralliements au lendemain du congrès de LR. Surtout si le favori, Eric Ciotti, l’emporte. Du côté de l’exécutif, on espère recruter notamment parmi les députés LR qui ont pris l’habitude depuis six mois de mêler leurs voix à leurs collègues de Renaissance. D’où quelques œillades récentes de la majorité comme son soutien hier à une proposition de loi LR sur les retraites agricoles adoptée à l’unanimité, ou l’approbation probable de futurs amendements LR sur la loi sur l’immigration ou la réforme des retraites. Au pied du sapin, la droite aura dans quelques jours, c’est sûr, un nouveau président tout neuf. Pas sûr en revanche qu’elle ait davantage d’oxygène politique…

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