Édito
Législatives 2024 : le Rassemblement national face à ses candidats imprésentables

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a reconnu, en employant le terme de "brebis galeuses, que certains candidats de son parti aux élections législatives avaient des profils qui posaient problème.
Article rédigé par Renaud Dély
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
MArine Le Pen, leader du Rassemblement national, lors du 18e congrès du parti, à Paris, le 5 novembre 2022. (ALAIN JOCARD / AFP)

Ces derniers jours, une série de candidats RN ont été épinglés pour des déclarations racistes, antisémites ou homophobes ? Les cas se multiplient. De véritables "brebis galeuses", ce n’est pas moi qui le dit, c’est Jordan Bardella lui-même qui les a qualifiées ainsi mercredi 3 juillet. Une candidate dans le Calvados a été écartée parce qu’elle posait en photo avec une casquette de sous-officier nazi, mais beaucoup d’autres sont encore piste. En Mayenne, une candidate condamnée pour prise d’otages, dans le même département une autre qui assure n’être ni antisémite, ni raciste car elle, a "un ophtalmo juif" et "un médecin musulman". Dans le Puy-de-Dôme, une prétendante RN promet, elle, d’arrêter si elle est élue de faire ce qu’elle appelle de "l’humour raciste" sur les réseaux sociaux. Dans le Jura, un candidat est placé sous curatelle, car il souffre notamment d’un "état mental déficient". Dans l’Yonne, c’est un député sortant, Daniel Grenon, qui assène que "les Magrébins n’ont pas leur place dans les hauts lieux". Ces profils sont nombreux, ce ne sont pas des "brebis galeuses" isolées, mais un véritable troupeau. 
 

Les limites du plan "Matignon"


Pour sa défense, Jordan Bardella explique que le RN a dû investir 500 candidats en 48 heures. Oui, mais au lendemain de la dissolution, le même Jordan Bardella répétait qu’au RN tout était prêt, il ne manquait pas un bouton de guêtre pour partir au combat. Un plan baptisé "Matignon" avait été fignolé depuis des mois et une liste de 577 candidats crédibles était déjà bouclée. C’était bidon. Alors, faut-il croire Marine Le Pen quand elle répète, à trois jours du second tour, que le RN est prêt à gouverner le pays ? Ce qui frappe, c’est plutôt qu’au bout de 52 ans d’existence, dont 13 ans de règne de Marine Le Pen et de sa stratégie dite de "dédiabolisation", le parti d’extrême droite a toujours le plus grand mal à attirer des responsables compétents.

Au fond, le projet idéologique du RN n’a pas changé. Il tourne toujours autour de la même obsession identitaire. Il est donc logique que le parti attire notamment des cadres racistes et xénophobes. Le reste, les propositions économiques et sociales, ne sont qu’accessoires, d’ailleurs, elles changent très souvent, ce qui explique que le RN peine à séduire des économistes et des gestionnaires efficaces. Il y a quand même un domaine où le parti lepéniste s’est vraiment professionnalisé, c’est la communication. Un préalable indispensable pour faire croire qu’il a changé. Même si en matière de com’, la troupe n’a pas forcément l’aisance de Jordan Bardella sur TikTok. Plus d’une vingtaine de candidats RN ont refusé de participer aux débats d’entre-deux-tours organisés sur les antennes de France bleu. Quand on est aux portes du pouvoir, mieux vaut faire vœu de silence, qu’aveu d’incompétence.

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