EDITO. Grève contre la réforme des retraites : les syndicats vont-ils pouvoir installer la contestation dans la durée ?

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Deuxième journée de mobilisation nationale contre la réforme des retraites aujourd’hui. Pour les syndicats, quel est l’enjeu ? L'édito politique de Renaud Dély.
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Radio France
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Manifestation contre la réforme des retraites à Paris, le 21 janvier 2023. (THOMAS SAMSON / AFP)

Ce 31 janvier est très important. Il s’agit d’abord de faire mieux que le 19 janvier. Ce jour-là, plus d’un million de personnes avaient défilé un peu partout dans le pays, plus de deux millions selon la CGT. Des cortèges massifs et bon enfant jusque dans des villes moyennes peu habituées à se mobiliser. Et pas de débordements, pas de violences, une vraie démonstration de force dans le calme. Les confédérations espèrent mobiliser encore davantage ce mardi, et l’objectif semble à leur portée. Même chose pour les grèves qui devaient être massivement suivies à la SNCF, à la RATP ou encore dans l’Éducation Nationale. 

>> Réforme des retraites : 75 à 100% de grévistes dans les raffineries et dépôts de TotalEnergies, selon la CGT

Pour les syndicats, le deuxième enjeu de cette journée de mobilisation est de montrer l'avenir du mouvement. Et il est encore plus lourd que le premier. Comment installer la contestation dans la durée ? Une succession de manifestations, même massives, ne suffisent pas forcément à faire reculer un gouvernement. On l’a vu en 2010, lors de la précédente réforme qui a reporté l’âge légal du départ en retraite, avec quatorze journées de mobilisations étalées pendant des mois, des millions de personnes dans la rue : en vain. Or, ce qui fait aussi aujourd’hui la force de syndicats, c’est leur unité. L’intersyndicale se réunira d’ailleurs ce mardi soir pour décider de la suite.

Et le risque est que des grèves reconduites par endroits, des blocages, dans les transports ou les raffineries, ne fissurent l’unité syndicale. Laurent Berger a prévenu ce week-end : "Il faut garder l’opinion", dit-il, et "le niveau d’efficacité syndicale ne se mesure pas au niveau d’emmerdements concrets pour les citoyens"…

Pour l’heure, l’opinion soutient d'ailleurs les mobilisations. Selon les sondages, deux Français sur trois rejettent la réforme du gouvernement. Pour les syndicats, c’est un atout précieux, mais insuffisant. Leur espoir, c’est donc aussi que des manifestations massives et répétées pèsent sur les débats parlementaires. Et attisent la fébrilité des députés de la majorité ou de LR qui menacent l’exécutif de faire défection. Parce que tandis que les syndicats défileront aujourd’hui, c’est sans doute à l’Assemblée qu’aura lieu la manche la plus décisive de la bataille des retraites.

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