EDITO. Affaire Quatennens : le sparadrap qui colle aux insoumis

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Rebondissement dans l’affaire Quatennens. L’épouse du député insoumis est sortie du silence, mercredi 23 novembre, pour accuser son compagnon de violences répétées depuis plusieurs années.
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Radio France
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Jean-Luc Mélenchon et Adrien Quatennens à l'Assemblée nationale le 16 novembre 2021 (SEBASTIEN MUYLAERT / MAXPPP)

Ces révélations, démenties par Adrien Quatennens, ébranlent les rangs de LFI et de toute la Nupes. Jean-Luc Mélenchon préparait le retour de son poulain à l’Assemblée. Le groupe insoumis s’apprêtait à se prononcer sur son cas. L’opération s’avérait délicate, mais nombre de ses camarades jugeaient Adrien Quatennens apte à revenir de ce "congé maladie" qui le tenait opportunément éloigné depuis plus de deux mois. Patatras, la rechute ! Son épouse l’accuse de "violences physiques et morales depuis plusieurs années", des "colères" et des "crises" qui l’auraient conduite à vouloir divorcer à trois reprises. Par la voix de son avocate, Adrien Quatennens a démenti des accusations "mensongères".

Sur le plan politique, son sort est désormais scellé


Il ne pourra pas revenir à l’Assemblée avant la fin de la procédure judiciaire, ont annoncé les insoumis. Et peut-être au-delà, selon la décision rendue par la justice. Et c’est désormais la question de la démission d’Adrien Quatennens qui est posée. En attendant, il est convoqué le 13 décembre au tribunal en reconnaissance de culpabilité pour les seuls faits qu’il a reconnus pour l’instant : une gifle et un harcèlement par SMS. Mais politiquement, cette affaire est un sparadrap qui colle aux insoumis et plombe la Nupes. Tout cela par la faute d’un seul homme : leur chef, Jean-Luc Mélenchon.

"Pudeurs de gazelle"

Il ne tarit pas d’éloges pour son héritier préféré, et répétait il y a quelques jours encore qu’il devait revenir vite à l’Assemblée. C’est lui qui a fait passer son amitié et son intérêt politique avant la parole d’une femme victime de violence. Cette faute a plongé les insoumis dans la crise parce que dans une organisation privée d’instance de débat collectif, tout dépend de la parole du chef. Et si le chef se trompe, tout s’écroule. Mieux vaut parfois le silence. En septembre, Jean-Luc Mélenchon avait mis quelques minutes pour saluer "le courage" d’Adrien Quatennens qui venait de reconnaître avoir giflé sa femme. Pour l’heure, il n’a pas eu un mot pour évoquer les nouvelles accusations de l’épouse. Sans doute ce qu’il appelait jadis "des pudeurs de gazelle".

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