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Christian Jacob, un président UMP patient

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Jean-François Copé et François Fillon poursuivent leur dialogue secret en vue d'une sortie de crise à l'UMP. Le groupe R-UMP de François Fillon existe, mais sans ostentation. Et le groupe UMP pré-existant patiente. Son président, Christian Jacob, était l'invité de l'émission "Questions d'info", sur LCP, avec l'AFP, le Monde et France Info.
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Radio France
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Christian Jacob prend son mal en patience. Proche de Jean-François Copé, le président du groupe se doit
de préserver l'unité des troupes, qu'elles soient fillonistes ou copéistes. Pour ce faire, rien de plus rassembleur que de taper sur le gouvernement. Quand l'un de ses ministres parle de nationalisation par
exemple : "Moi je pense que l'arme de la nationalisation est une
catastrophe. C'est une arme à ne pas toucher, c'est stupide, c'est ridicule. En
revanche que l'on dise à un moment l'État français peut intervenir, rentrer
pour une période courte dans le capital parce qu'il y a une autre solution, il
faut trouver un système de financement, de relais, ça ne me choque pas. Et ça
je veux bien l'accepter. Mais dire : " on vous nationalise ",
mais on revient à quoi ?"

Ça fait lutte des classes ?

Christian Jacob: "Oui, c'est complètement lutte des classes, c'est un discours
pour l'extrême gauche
."

Mais voilà, l'actualité de l'UMP frustre les bretteurs. La
crise interne occupe tout l'espace, et Christian Jacob, ancien syndicaliste
agricole sait combien pour se rabibocher, il faut d'abord parler.

Christian Jacob : "Je pense que la solution de la crise ne peut passer
que par cette discussion. Depuis 48 heures les choses évoluent bien de mon
point de vue. On était dans une situation de blocage complet qui n'a échappé à
personne, et donc là il y a besoin d'avoir ce temps de discussion, et je pense
que la solution de la crise ne peut passer que par là
."

Mais pendant que Jean-François Copé et François Fillon tiennent
leurs discussions secrètes, le groupe UMP est scindé en deux. Question posée au président du groupe UMP, comment vit-il la
création du groupe Fillon ?

Christian Jacob : "Mal. Mal parce qu'il n'y a aucune cohérence à avoir
un seul parti et deux groupes parlementaires. Ça n'a aucune signification. Ça
ne veut rien dire.
"

Le groupe de François Fillon n'a aucune raison d'être, Christian
Jacob est formel : "il n'y a pas de fracture politique, c'est pour ça que
les deux groupes n'ont pas de sens. Et moi, dans la responsabilité qui est la
mienne, de président du groupe UMP, vous l'avez tous constaté, je fais tout
pour créer les conditions qui fassent qu'on puisse très rapidement se retrouver
"

Christian Jacob fera tout pour trouver une solution, mais
pas n'importe quoi. Pas question de quitter son poste, comme le suggèrent des
stratèges anonymes : Jean-François Copé à l'UMP, François Fillon à la
présidence du groupe.Christian Jacob n'est pas d'accord : "Je suis un président élu pour 5 ans à 60% au premier
tour. Je pense que beaucoup auraient rêvé de cette élection. Et en deux ans, je
suis repassé 2 fois devant mes pairs en étant élu 2 fois. Donc on n'apporte pas
une réponse à un problème avec une solution qui n'a juste rien à voir. 
"

Quelle est la solution alors ? réponse de Christian
Jacob : " Mais il n'y aura pas de solution de la crise sans
qu'il y ait d'accord entre eux. Cet accord il est en train de se construire, je
suis d'avis qu'on leur fiche la paix, qu'on leur foute clairement la paix
. " Foutez leur la paix, c'est donc le nouveau mot d'ordre UMP.

C'est signé Christian
Jacob, invité de "questions d'info", avec l'AFP, le monde, et France
Info.

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