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Brignoles, le FN devient un parti sans histoire mais qui en raconte une

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Les réactions se multiplient à droite comme à gauche après la victoire du candidat Front national à la cantonales partielle de Brignoles. Le PS et l'UMP prennent désormais la mesure du danger, mais ni l'un ni l'autre ne sait comment s'y prendre pour lutter contre les progrès du parti de Marine Le Pen.
Article rédigé par
Radio France
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C'est vrai,
Brignoles marque un premier tournant, plus personne ne nie la montée du Front
National. Dans l'Oise
ou à Villeneuve-sur-Lot, la gauche avait plaidé une situation locale particulière
pour justifier son recul. Aujourd'hui,
la tergiversation n'est plus de mise.  " C'est
un rappel à l'ordre pour tous " admet  le ministre socialiste Michel Sapin.

Le ministre du travail qui est l'un des rares
à ne pas renvoyer la responsabilité sur le camp d'en face.

Oui, l'attitude
la plus répandue, au PS, c'est de regretter la passivité de l'UMP, qui n'aurait
pas jeté toutes ses forces dans la bataille. François
Fillon est même accusé d'avoir ouvert les digues en autorisant, indirectement, un vote FN, avec sa petite
phrase sur le vote pour le moins sectaire, en cas de duel FN/PS. A droite, à
l'UMP, la gauche est mise en accusation. C'est elle qui perd des électeurs au profit,
c'est donc à elle de porter, le le chapeau de cette montée en puissance de Marine
Le Pen.

En fait, tout le monde a sa part.

Sans doute,
car le FN est d'autant plus fort que ses rivaux sont faibles. Les déçus se
comptent dans les deux campagnes. L'abstention
des déçus de Nicolas Sarkozy  a occasionné
la défaite de l'UMP à la présidentielle. L'abstention
des déçus de François Hollande alimente le vote contestataire à l'extrême
droite. A l'extrême
gauche, Jean-Luc Mélenchon avait prévu cette désillusion, mais il ne parvient
pas à en tirer profit sur le plan électoral.

Marine Le Pen incarne une alternance crédible
?

C'est son
objectif, vers lequel elle progresse indubitablement. Les partis
de gouvernement, UMP, centristes, PS, verts et même le parti communiste sont
des partis de pouvoir. Ils comptent tous des anciens ministres dans leurs
rangs. Marine Le
Pen non, mais elle construit cette image, à force de renouvellement des élites
du Front National. Laurent
Lopez est un jeune candidat, qui incarnerait presque un FN sans histoire, aux
double sens du terme. Un FN sans
le passé historique de l'extrême droite, et un FN sans histoire, presque banal,
fréquentable en un mot.

Comment expliquer cette évolution ?

Les politiques
 ne combattent pas le FN sur ses idées,
mais à coup de postures sans histoire elles aussi. Quel sens
donner au principe du front républicain entre deux partis (PS et UMP) qui se
jettent l'anathème à longueur de temps. François
Hollande propose sa méthode contre le Front National ce soir : obtenir des
résultats, sur le chômage notamment. Mais le président
de l'assemblée, le socialiste Claude Bartolone, le contredit  aussitôt : cela ne suffit pas, il faut un
projet de société. Une
histoire, en un mot. Le FN écrit
l'histoire du parti qui propose de faire à l'inverse des autres. Les autres y
voient une légende.

Mais la
légende est bien souvent plus attirante que l'histoire vraie.

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