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Avec le ralliement d'Estrosi Fillon empiète sur le terrain de Copé

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L'info politique ce soir, c'est un tournant dans le duel Copé – Fillon pour la présidence de l'UMP. Les clans se forment autour des deux favoris, avec la silhouette de Nicolas Sarkozy dans le décor.
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Radio France
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On ne le voit pas. On l'entend encore moins. Parfois, ses amis le font
parler. Ils susurrent des confidences, lourdes de sous entendus. Il aurait
encouragé l'un. Il s'apprêterait à soutenir l'autre. En tout cas, tout le monde
dit et pense du bien de Nicolas Sarkozy. Mais publiquement, lui, Nicolas
Sarkozy, ne dit rien. Alors dans ce cas, il faut faire parler et bouger les
siens, ses proches ses lieutenants, ses héritiers, ses enfants. Jean-François
Copé avait choisi la ligne filiale. Ce soir, dans quelques minutes, à 19h,
s'ouvrira à Neuilly un café politique avec un Sarkozy aux cotés de
Jean-François Copé, Jean Sarkozy, le fils. Une belle image destinée occuper la
chronique médiatique de cette course à la présidence de l'UMP. Mais
Jean-François Copé s'est fait couper l'herbe sous le pied par François Fillon,
et Christian Estrosi. Le maire de Nice, un sarkozyste historique rejoint
l'ancien Premier ministre.

Ce ralliement n'est pas une bonne nouvelle pour Jean-François Copé, même
si ses relations n'ont jamais été très bonnes avec Christian Estrosi.

Jean-François Copé n'est pas un sarkozyste historique. C'était un bébé
Chirac. Il est celui qui a résisté à Nicolas Sarkozy. En prenant la présidence
du groupe à l'Assemblée, en 2007, Présidence que convoitait Christian Estrosi. Il
ne pouvait donc pas sérieusement espérer son ralliement. Mais la candidature du
maire de Nice pouvait brouiller les pistes, à l'avantage du maire de Meaux. C'est
raté. Christian Estrosi rallie François Fillon, il serait notamment chargé de
la reconquête des territoires, et président de la commission des investitures,
en cas de victoire.Et ça, c'est vraiment une mauvaise nouvelle pour
Jean-François Copé.

La reconquête, et les investitures, ce sont des dossiers phare ?

Pour les militants, oui. Et les militants, c'était vraiment le public de
Jean-François Copé. En tant que secrétaire général de l'UMP. Alors que pour
lui, François Fillon est un notable, un hiérarque, qui connaît moins le
terrain, et n'intéresse que les sympathisants. Or, Jean-François Copé en est
convaincu, en 2012, les militants ne votent pas comme les sympathisants. Ils ne
pensent pas encore à la présidentielle de 2017, mais aux municipales de 2014. Jean-François
Copé se croyait inattaquable, du coté des militants. Sauf que ce terrain, c'est
aussi celui du maire de Nice, Christian Estrosi. Qui avait préféré quitté le
gouvernement plutôt que d'abandonner sa mairie. Les militants se souviennent de
ce genre de geste.

François Fillon a donc décidé de séduire les militants et pas
seulement les sympathisants.

En effaçant ce distinguo, alors qu'il est déjà le favori des sondages,
François Fillon précise opportunément son discours, en direction de ceux qui
vont faire cette élection, sans doute déjà impressionnés par les scores qui lui
sont prédits. " La position de François Fillon dans les sondages rend sa
candidature attractive ", remarque, assez stoïque, Bruno Le Maire. Stoïque,
il faudra que Jean-François Copé le soit, dans les prochaines semaines. Il se
souviendra sans doute de l'élection surprise de Michèle Alliot-Marie, à la tête
du RPR, contre l'avis de l'ancien président du mouvement Jacques Chirac. Mais
aujourd'hui, l'ancien Président Nicolas Sarkozy est stoïque lui aussi,
c'est-à-dire  très silencieux.

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