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Arnaud Montebourg se réinvente

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Pas de marinière pour Arnaud Montebourg, aux cotés de François Hollande ce matin, pour la présentation de réindustrialisassion de la France. Droit dans son costume gris, le ministre du redressement productif s'est beaucoup assagi.
Article rédigé par
Radio France
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C'est vrai, Arnaud
Montebourg est devenu bien sage. L'an dernier,
à pareille époque, le ministre était en pleine querelle avec Lakshmi Mittal, à
propos de Florange. Il n'avait
pas encore invectivé le patron indien, en prévenant qu'il "ne voulait
plus de Mittal en France". mais le bras de fer, musclé, avait déjà commencé. Arnaud
Montebourg était la bête noire des patrons, celui qui, par sa seule présence dans le gouvernement, décourageait
les entrepreneurs.

Un an après,
Arnaud Montebourg ose le confier au Point "il n'y a pas un patron qui
dise du mal de lui." explication de l'ancien trublion : "ils
savent qu'ils ont en lui un mec qui défend l'outil industriel national". Confirmation
d'un communicant auprès du CAC 40, dans le même hebdomadaire: "au gouvernement,
il est le seul qui écoute et aide", les patrons.

Arnaud Montebourg aurait donc fait sa mue.

Difficile de
savoir si Arnaud Montebourg a changé en profondeur, s'il voit différemment sa
mission, ou si. C'est le
regard des autres sur son rôle qui a évolué. En tout cas,
c'est vrai qu'il y a un an, quand Arnaud Montebourg assurait écouter et
comprendre les industriels, il avait du mal à être crédible. Aujourd'hui,
il n'est pas encore le champion des entrepreneurs, mais son image a évolué.

Son discours aussi, il tape moins contre le gouvernement.

Effectivement. Arnaud
Montebourg ne dit plus du mal de ses collègues. Il évite les petites formules à
l'emporte-pièce auprès des journalistes friands de petites phrases assassines. Il assume
aussi, ses différences, sans vouloir à tout prix justifier ses postures. "on m'a
mis là, pour qu'il y ait débat" se défend-il désormais,  pour justifier sa présence à Berçy, en évitant
de dévaloriser Pierre Moscovici.

"Mieux
vaut être craint, qu'aimé, lâche-t-il avec philosophie, mon rôle n'est  pas de faire plaisir, mais de rebâtir, de
redonner leur rôle aux patrons qui ont oublié le patriotisme."

La présentation ce matin était quand spectaculaire,
et ambitieuse.

C'est
indéniable. D'entrée de
jeu, Arnaud Montebourg a situé ce travail dans la lignée du Général de Gaulle,
Georges Pompidou et François Mitterrand . Arnaud
Montebourg s'affiche comme un ministre sérieux, bosseur, mais cela ne veut pas
dire sans saveur. L'homme des
17% à la primaire socialiste n'oublie pas ce qu'il incarne. Mais il se
montre plus patient.

"La
bataille de la réorientation de l'Europe commence à produire ses effets"
se réjouit-il, en admettant, assez modeste, que cette progression s'opère "millimètre
par millimètre". Arnaud
Montebourg a donc changé, plus sérieux, ambitieux mais toujours emphatique. La différence,
c'est qu'Arnaud Montebourg joue beaucoup moins perso. Gouverner ce
n'est pas plaire, disait François Mitterrand, Arnaud Montebourg l'a compris.Il semble
aimer gouverner. Il pourrait
verser une autre formule dans sa besace, celle de Saint Just : "on
ne saurait gouverner sans laconisme".

 

 

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