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Délocalisations : où va la production automobile française ?

Il est à nouveau question de délocalisations. Car c'est aujourd'hui que prend effet la décision de PSA de supprimer une des équipes de production dans son usine de Poissy, près de Paris. 684 postes en moins.

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684 postes supprimés sur une des lignes qui produit la 208 – mais sans licenciements : les emplois sont transférés sur d'autres productions.
Cela avait été annoncé fin janvier. Et c'est encore un coup dur, pour l'emploi en France, dans la branche automobile. Celle-ci a perdu 30% de son activité, en 12 ans ; et 35% de ses emplois : un gros tiers !
Et cela soulève des questions de fond.

Les délocalisions en toile de fond

Car, lorsque vous délocalisez, parce qu'il est plus avantageux de construire ailleurs ; mais que vous n'entamez pas la production dans votre pays d'origine ; il n'y a pas grand mal.
(D'ailleurs, c'est exactement ce que fait tout le groupe Volkswagen, en Allemagne ; et, aussi, BMW, Mercedes : ils produisent de plus en plus en dehors de l'Allemagne ; mais – aussi – de plus en plus en Allemagne).
Mais, lorsque vous supprimez des "pans" entier de production dans votre pays, pour les remplacer par des productions délocalisées, là, vous détruisez des emplois qui ne vont pas se recréer, dans votre pays d'origine.

L'usine de Poissy non rentable ? Pas si sûr...

De plus en plus, les constructeurs français semblent croire qu'il n'est plus possible – de manière rentable – de fabriquer des petites voitures, en France.
Avec cette fermeture de ligne de production, à Poissy, de plus en plus de Peugeot 208 vont être fabriqué à Slovaquie – pays qui en produit déjà la  moitié, actuellement.
Et c'est une tendance générale : Renault fabrique 100% de ses Twingo en Slovénie ; et 60% de ses Clio, en Turquie.
Citroën produit sa C1, en République tchèque.
Et la prochaine Citroën C3 – aujourd'hui totalement "made in France" – pourrait être délocalisée (c'est ce qui se murmure, chez PSA).
Les constructeurs français ne croient plus que la fabrication de petite voiture soit économiquement viable, en France.

L'écart de coût est réel, mais ce n'est pas tout

Ce qui est vrai, c'est qu'une 208 produite en Slovaquie revient 600 à 700 € moins cher qu'une 208 produite en France. Renault fait le même calcul sur la Clio.
Mais Toyota, qui fabrique des Yaris à Valenciennes, perd-il de l'argent ? Non ! Toyota vient même d'annoncer que la production de la Yaris allait augmenter. Aevc, à la clé, 500 emplois créés ! Alors ?
Gagner, ou perdre de l'argent, sur un modèle, c'est le résultat de tout un lot de facteurs ; qui ne se résument pas juste à : produire là où c'est moins cher.
C'est notamment arriver à vendre sans trop de remise, grâce à une image de marque forte.
Donc, il n'y a pas que la problématique "toute bête" : "made in France" ou produire "délocalisé".
Il y a toute une logique industrielle ; et – aussi – une volonté de vouloir plus ou moins produire dans son pays d'origine.

En Bref...

L'Etat français "rabote" en douce le bonus des voitures électriques
L'année dernière, les voitures électriques, c'était 7.000 € de bonus.
Cette année, c'est 6.300 €.
6.300 € ; mais attention !
Ce que personne ne savait – y compris pas les constructeurs – c'est que l'Etat divise ce bonus quasiment par deux (!), lorsque la voiture est acquise en "location longue durée", ou en "LOA".
Et c'est le cas de plus de la moitié des voitures électriques, en France !
Renault et Nissan, qui proposent les Zoé, et les Leaf, à 169 € / mois – sur la base d'un Etat qui rembourse 6.300 €, payent, actuellement, de leur poche, la différence du bonus ; et ils vont être obligés de "remonter" les prix de leurs mensualités.
C'est un petit tour de passe-passe qui n'avait pas été bien "expliqué", par le gouvernement.

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