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Jeu vidéo : l'arrivée de Google "va changer beaucoup de choses" en raison de "sa puissance de frappe"

Journaliste à jeuxvideos.com, Yohan Bensemhoun réagit mercredi sur franceinfo à l'annonce par le géant du web de l'arrivée de sa plateforme de jeu en ligne Stadia.

Des joueurs s\'affrontent lors du Paris Games Week, le 25 octobre 2018.
Des joueurs s'affrontent lors du Paris Games Week, le 25 octobre 2018. (BRUNO LEVESQUE / MAXPPP)

Yohan Bensemhoun, journaliste à jeuxvideos.com estime mercredi 20 mars sur franceinfo que Google, en entrant "dans la danse" du cloud gaming (jeu à la demande, NRDL) , "va changer beaucoup de choses" dans le modèle économique du jeu vidéo grâce à sa "puissance de frappe qui est énorme". Le géant du web a annoncé l'arrivée d’une plateforme de jeu en ligne appelée Stadia.

franceinfo : Quelle est la différence entre une console de jeu classique et Stadia ?

Yohan Bensemhoun : La console, c'est un bien matériel que vous achetez et qui est périmé au bout de sept ans. C'est ce qu'on appelle une génération. C'est un cycle. Après, il faudra acheter une console plus puissante pour jouer à des jeux plus récents. Avec Stadia, c'est une véritable dématérialisation qui est proposée au joueur. Il n'aura plus qu'à souscrire aux services Stadia, à jouer à plusieurs jeux d'un catalogue qu'on ne connaît pas pour l'instant. Ça lui permettra de jouer n'importe où, qu'il soit sur un téléphone portable, sur un PC à 200 euros, sur une machine à 3 000 euros, sur une télévision 4K ou 8K (...) Google entre dans la danse. Cela présage pas mal de concurrence.

Est-ce la mort de la console classique ?

C'est quelque chose qui est prophétisé depuis des années et des années. Les grands acteurs de l'industrie du jeu vidéo, notamment Yves Guillemot le patron d'Ubisoft, qui est un des partenaires de choix de Google sur Stadia, prophétisent depuis des mois que ce sera les dernières générations de consoles. Le cloud gaming va supplanter ce marché qui est vieux, qui a plus de 40 ans. On est en train de voir un business modèle viable pour le cloud gaming, plus pratique, plus dans l'air du temps, avec des abonnements. Au lieu de payer chaque jeu de manière unitaire, on payera un abonnement global.

Qu'est-ce que Google va apporter ?

Cela va changer beaucoup de choses parce que Google a une puissance de frappe qui est énorme. Il a aussi et surtout des services. Il a YouTube. Vous allez avoir des interactions avec YouTube qui seront très fortes. Vous pourrez rejoindre quelqu'un qui en train de diffuser sa partie sur YouTube juste en cliquant sur un bouton. Vous allez pouvoir partager des points de sauvegarde par exemple. Je joue ma partie, j'appuie sur un bouton et je peux en cliquant sur ce lien rejoindre directement le jeu à l'endroit où j'étais. Si vous êtes bloqué à un endroit dans un jeu, vous avez l'assistant vocal de Google qui vous dit : oui je peux te trouver la solution à cette énigme.

Pourrait-on imaginer un service gratuit ?

On pourrait imaginer un service qui est gratuit, mais c'est quand même quelque chose de très coûteux pour Google. On parle de fermes entières de serveurs qui seront dédiées à Stadia. Cela représente un certain coût. Il faut que Google puisse s'y retrouver. Pour l'instant, on n'a pas de modèle économique annoncé à l'intention du public. On ne sait pas si c'est un abonnement à 30 euros, s'il y aura une formule d'essai gratuit. Dans les faits, je pense que ce sera plus avantageux pour un certain type de joueurs.