J'ai 10 ans. Jean-François Piège : "J'ai eu une enfance heureuse et mélancolique"

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Samedi 21 août, l'invité de "J'ai 10 ans" est un grand nom de la gastronomie française. À la tête de cinq établissements, sa nouvelle table ouvrira en septembre au sein de l'Hôtel de la Marine à Paris.

Article rédigé par
Julia Martin - franceinfo
Radio France
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Jean-François Piège ouvrira en septembre son nouveau restaurant au sein de l’Hôtel de la Marine à Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)

Ce samedi dans "J’ai dix ans", Julia Martin reçoit un des plus grands chefs de France. Commis de Christian Constant, chef d’Alain Ducasse, Jean-François Piège a connu la cuisine des plus grands palaces, avant de créer la sienne. Son rêve d’enfant était d’avoir son propre restaurant. Trente ans après ses débuts, il est aujourd’hui à la tête de cinq établissements. Sa nouvelle table Mimosa ouvrira en septembre au sein de l’Hôtel de la Marine à Paris.

franceinfo : Vous qualifiez votre enfance d’heureuse et mélancolique. Pourquoi ?

Jean-François Piège : J’ai la chance d’avoir eu une famille où j’étais heureux même si elle avait été frappée en son sein par un grand malheur. J’ai perdu mon papa quand j’avais six ans. Je n’en ai que de maigres souvenirs. Je ne vais pas dire vagues parce que j’en ai des très précis, mais j'en ai peu. Après, on a été heureux parce que ma maman nous a rendu heureux et puis, c’est mon caractère d’être heureux.

C’est ma grand-mère qui me ramenait à la maison le soir, qui me préparait mon goûter. Peut-être que le goût de la cuisine me vient de là. 'Ah, qu’est-ce que tu veux manger ?'. Cette phrase, c’était un raccourci de 'qu’est-ce que je peux faire pour te faire plaisir ?' Il y a une concentration de tous ces moments en moi et qui fait l’homme que je suis aujourd’hui

le chef étoilé Jean-François Piège

à franceinfo

Ce bonheur, l’avez-vous aussi eu grâce à votre maman qui a trouvé la force de vous aimer encore plus, de vous porter et de vous aider à vous construire ?

Je pense que c’est quelque chose de personnel. On peut donner et ne pas avoir la capacité d’être compris et de recevoir. Je sais que j’étais dans cette phase parce que j’étais trop jeune. À six ans, on ne sait pas ce que la mort veut dire. Le manque, je l’ai vécu plus tard et pas au moment présent. Et quand je dis plus tard, c’est vraiment bien plus tard. Encore peut-être plus aujourd’hui depuis que j’ai fondé une famille (...) C’est la vie, c’est comme ça. Il n’y a pas de logique, il faut vivre la vie, c’est tout. Avec ses accidents, avec ses bonheurs. Et de ses accidents, on arrive à construire ses bonheurs.

Vos grands-parents ont été présents, ils ont pris soin de vous en vous transmettant des valeurs très fortes.

J’ai eu la chance d’avoir des grands-parents extraordinaires. J’avais la chance de bien m’entendre et de partager des choses avec eux. C’est eux qui nous amenaient à l’école, on allait déjeuner chez eux. C’est ma grand-mère qui me ramenait à la maison le soir, qui me préparait mon goûter.

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