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"Les sources des journalistes doivent être mieux protégées" demande l'Association de la presse judiciaire

La garde des Sceaux Christiane Taubira l'a annoncé cette semaine : une nouvelle loi visant à mieux protéger les sources des journalistes est en préparation. A la satisfaction des quelque 150 journalistes de l'Association de la Presse judiciaire, qui se battent depuis plusieurs années pour obtenir un nouveau texte. L'occasion de s'interroger sur le rôle et les garanties de ces informateurs anonymes.

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Dans l'imaginaire collectif, une source, c'est un mystérieux "Gorge profonde" qui révèle à des journalistes des secrets d'Etat menant au Watergate. Dans les faits, une source, "ça peut être n'importe quoi. Un enquêteur, un témoin... Un salarié qui révèle à un journaliste que son patron prévoit de fermer l'entreprise, c'est aussi une source" explique Jean-Philippe Deniau, chef du service police/justice de France Inter et vice-président de l'Association de la presse judiciaire (APJ).

"Toutes ces personnes doivent être protégées " assure-t-il, "car si elles risquent des poursuites, elles ne nous informeront plus. Nous devrons nous contenter des informations officielles... comme en Corée du Nord !"   Depuis plusieurs années, l'APJ réclame une loi plus protectrice pour les sources : "aujourd'hui, la justice peut exiger à un journaliste de révéler sa source si elle estime qu'il y a un 'impératif prépondérant d'intérêt public'. Une notion trop floue : on peut mettre n'importe quoi derrière ce terme" affirme Jean-Philippe Deniau. Il souhaite que la loi prévoit, comme c'est le cas en Belgique, que la levée du secret des sources ne soit possible que s'il y a* "menace grave pour l'intégrité physique d'une ou plusieurs personnes". "C'est normal, on n'est pas là pour protéger des terroristes ou des assassins" indique Jean-Philippe Deniau. "La loi française devrait tendre vers cette définition"* .

 

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